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Un pont entre France et Japon

Faire rayonner l’excellence des métiers d’art français est l’une des missions les plus ambitieuses de la Fondation Bettencourt Schueller. Cet automne, deux expositions mettront ce trésor dans la lumière. De Tokyo à Paris…

Une exception française, admirée dans le monde entier. L’excellence de nos métiers d’art n’en finit pas de séduire comme le montre, cette saison encore, la profusion des événements qui les célèbrent. Au premier rang de ces initiatives, l’exposition WonderLab, dont la Fondation est le principal mécène, se déroulera cet automne* au Japon, au cœur du prestigieux Musée national de Tokyo, à l’initiative de Gaëlle Dupré (Heart & Crafts). WonderLab… le titre est une promesse (un laboratoire du beau et de l’émerveillement, une fabrique de merveilles) et l’exposition à la hauteur du défi avec les œuvres de 15 grands artisans d’art français : maîtres d’art ou lauréats de la Fondation. Conçu par l’architecte Lina Ghotmeh qui a su donner sa spécificité à chaque espace des quelques 1000 m² alloués au Hyokeikan, le parcours permettra au public de découvrir l’extraordinaire maîtrise des gestes et des techniques, la recherche constante d’innovation mais aussi des liens renforcés avec le monde de l’art. A l’évidence, le savoir-faire et l’innovation se mêlent plus que jamais à la singularité et l’émotion. 

MAITRES D’ART ET TRESORS NATIONAUX VIVANTS, UNE REELLE COMPLICITE 

Cette quête d’absolu entrera sans nul doute en résonance avec le public local, comme l’explique Hélène Kelmachter, commissaire de l’exposition : « le Japon est le pays qui possède la plus grande proximité avec la France dans le domaine des métiers d’art. Nos artisans sont, en réalité, très proches des Trésors Nationaux Vivants japonais. Un titre ô combien prestigieux, décerné à une centaine de professionnels seulement, avec la mission de protéger et de transmettre les techniques traditionnelles de la céramique, de la laque, de la fabrication de papier mais également les spectacles vivants, théâtre Nô ou Kabuki ». 
C’est donc un public averti qui découvrira ce parcours imaginé autour des éléments - de la terre à l’air - et entretenant un rapport quasi charnel avec l’objet grâce, notamment, à une extraordinaire installation qui donne à voir mais aussi à entendre. Comme par magie, chaque artisan d’art évolue, s’exprime avec - pour fond sonore - le cliquetis du métal, le nettoyage du cuir, la sonorité circulaire de la céramique… Au fil des huit salles, le public admirera ensuite les œuvres de ces maîtres (dont cinq lauréats du prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main), découvrant de multiples correspondances avec sa propre culture. Il retrouvera son propre goût pour l’innovation avec le maroquinier Serge Amoruso qui mêle le cuir au titane, à la fibre de carbone ou au fragment de météorite. Il saluera les œuvres de Fanny Boucher qui possède aujourd’hui le seul atelier professionnel d’héliogravure de France et travaille avec de nombreux artistes : Gérard Garouste, Bernard Venet ou… la célèbre plasticienne japonaise Yayoi Kusama. Mais c’est avec le maître d’art Jean Girel que la complicité sera la plus évidente. Considéré comme le plus grand céramiste français contemporain, cet ancien élève des beaux-arts de Macon découvre sa vocation voilà près de 40 ans, en visitant l’exposition du musée Guimet consacrée aux grès de la dynastie Song. Il entame alors une aventure artistique et humaine absolument unique et redécouvre la technique perdue depuis la fin de cette dynastie (XIIIème siècle) des yohen temmoku, ces bols mythiques dont il ne reste aujourd’hui que quatre exemplaires au monde, dont trois dans les musées japonais. 

PARTENARIATS, ECHANGES ET DIALOGUES

Montrer et développer le rayonnement de la culture française, c’est aussi la mission de la Villa Kujoyama, institution basée à Kyoto qui propose à 12 artistes par an de bénéficier d’un séjour en résidence. Elle célèbre aujourd’hui ses 25 ans. Dirigée par Charlotte Foushet-Ishii, cette antenne de l’Institut français, unique résidence française de créateurs en Asie, bénéficie du mécénat de la Fondation Bettencourt Schueller qui a œuvré pour ouvrir ses portes aux artisans d’art. Depuis 2014, ceux-ci peuvent participer à un programme de résidences de deux à six mois, le temps idéal pour nouer partenariats, échanges et dialogues entre les deux cultures, ceci au sein d’un lieu d’exception puisque Kyoto reste la principale source de pratiques artistiques au Japon depuis le XVIème siècle. 
De nombreux artisans d’art y ont déjà séjourné avec le concours de la Fondation. La doreuse Manuela Paul-Cavallier y a suivi des cours de calligraphie avec un maître du Temple d’argent (membre du très fermé cercle des Trésors nationaux vivants) ; la plumassière Nelly Saulnier y a mené un projet autour de la cérémonie du mariage. Le cru 2018 promet d’être aussi ambitieux avec l’arrivée en résidence de la laqueuse Martine Rey et de la costumière Sandrine Rozier qui, à leur tour, dresseront un pont entre les cultures française et japonaise, enrichissant l’une et l’autre de leurs spécificités. 

MADRID, ROME, KYOTO… L’EXPRESSION DU RAYONNEMENT FRANÇAIS

Restait enfin à faire connaître ces œuvres à un large public. Ce sera bientôt mission accomplie puisque le festival « Villa Villa ! » a pris l’initiative d’organiser une exposition totalement inédite en réunissant, à Paris, les œuvres des résidents des Villas Médicis, Kujoyama et de la Casa de Velázquez, les trois prestigieuses résidences de la France à l’étranger. Du 30 septembre au 7 octobre prochain - et donc pendant les Nuits Blanches - quarante artistes et artisans d’art présenteront leurs travaux dans la Cité Internationale des Arts de Montmartre**. L’occasion d’une déambulation d’atelier en atelier, de bosquet en terrasse, de placette en jardin à la découverte d’œuvres d’une rare diversité : poème en vidéo ou installation rappelant le voyage de Charlotte Perriand au Japon, meubles de papier ou sculpture flottante… Autant de pièces singulières qui témoignent de la richesse artistique française mais aussi de sa capacité à infuser toutes les cultures, et toutes les imaginations. 

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*Du 11 septembre au 26 novembre, Tokyo National Museum - 13-9 Ueno Park 110-8712 Tokyo 
Liste des quinze artisans d'Art : Serge AMORUSO - Emmanuel BARROIS - Christian BONNET - Fanny BOUCHER - Roland DARASPE - Lison DE CAUNES - Gérard DESQUAND - Jean GIREL - Michel HEURTAULT - Nathanaël LE BERRE - Sylvain LE GUEN - Laurent NOGUES - François-Xavier RICHARD - Nelly SAUNIER - Pietro SEMINELLI
**Du 30 septembre au 7 octobre, Cité internationale des Arts de Montmartre, Paris

 

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    Hyokeikan

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    Tokyo National Museum

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