Guido
Kroemer

Unité Inserm 872, laboratoire « Apoptose, Cancer et immunité » (Centre de Recherche des Cordeliers, Paris)

Prix Bettencourt Coups d’élan pour la recherche française - 2010

Chimiothérapie : stimuler les défenses naturelles

L’équipe de Guido Kroemer tient la clé pour pousser le système immunitaire à accompagner la chimiothérapie dans son combat. La Fondation a soutenu son installation au centre de Paris.

Une cellule cancéreuse peut mourir de deux façons : dans le silence ou dans un « vacarme » qui alerte le système immunitaire de l’hôte. L’équipe de Guido Kroemer s’intéresse de très près à la seconde option, nommée mort immunogène. Dans ce cas, les globules blancs affluent sur le lieu de la tumeur pour endiguer la prolifération des cellules cancéreuses encore vivaces. En fonction du stimulus létal, cette réponse peut être déclenchée ou non. Ainsi, un traitement chimiothérapeutique adapté permettrait de rompre la tolérance du système immunitaire de l’hôte envers la tumeur et de le faire participer activement à la guérison.

Par ailleurs, il n’y a pas deux tumeurs ou deux patients identiques. L’équipe offre de nouvelles perspectives en médecine personnalisée en analysant les spécificités génétiques susceptibles de perturber l’efficacité de la chimiothérapie. Depuis l’obtention du Prix Coup d’élan pour la recherche française, les paramètres intrinsèques de la tumeur, de l’hôte, et du dialogue entre les deux ont été décodés par l’équipe pour des milliers de cancers humains. Une série de facteurs influençant le déclenchement de la réponse immunogène a été identifiée. Installée depuis 2013 dans les locaux – rénovés et équipés grâce au Prix Coup d’élan pour la recherche française - du Centre de recherche des Cordeliers, l’équipe continue à explorer les mécanismes par lesquels le système immunitaire peut être engagé dans le traitement du cancer.

http://www.kroemerlab.com/

 

Guido Kroemer

L’apoptose, ou mort cellulaire programmée, est au centre des recherches de Guido Kroemer. En 1995, il est le premier à observer l’importance de la perméabilisation de la mitochondrie dans la mise en route de ce processus. Cette découverte est alors très surprenante pour la communauté scientifique. En effet, la mitochondrie était jusque-là connue uniquement pour son rôle dans le métabolisme énergétique de la cellule. Depuis cette contribution fondamentale aux connaissances en biologie cellulaire, Guido  Kroemer a décrypté de nombreuses autres étapes de l’apoptose. Il a notamment décrit les protéines qui contrôlent la perméabilisation de la mitochondrie.


Sa découverte récente de l’existence de deux types d’apoptose, immunogène et non-immunogène, se place une fois encore à contre-courant du dogme actuel. Ces différences biochimiques subtiles alimentent la recherche qu’il mène aujourd’hui.


kroemer@orange.fr


 


 

  • 1985Doctorat en médecine, Université d'Innsbruck (Autriche)
  • 1990 Habilitation à diriger les recherches, Université d'Innsbruck
  • 1992Doctorat ès sciences, Université autonome de Madrid (Espagne)
  • 1997Prix Jean Valade de la Fondation de France
  • 1998 Prix de recherche en cancérologie, Académie des sciences de Berlin-Brandenburg (Allemagne)
  • 1999Prix pour la recherche médicale, Fondation pour la recherche médicale
  • 1999Prix Gallet et Breton, Académie nationale de médecine
  • 2000Prix Inserm de recherche en physiopathologie
  • 2000Membre de l’European Molecular Biology Organization
  • 2000 Prix Jacques Sylvain Bourdin, Ligue nationale contre le cancer
  • 2006 Prix Descartes, Commission Européenne
  • 2007Membre correspondant de l'Académie des sciences d’Autriche
  • 2007 Grand prix Mergier-Bourdeix de l’Académie des Sciences, Institut de France
  • 2007 Membre de la German National Academy of Sciences, Leopoldina (Allemagne)
  • 2010 Prix Coup d’Elan pour la recherche française
  • 2012 Prix Léopold Griffuel, Fondation ARC pour la recherche contre le cancer