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Comment redonner une place aux malades psychiques dans notre société ?

 

En France, plus de deux millions de personnes sont touchés par des troubles psychiques sévères (schizophrénie, bipolarité, dépression). Après un séjour en hôpital psychiatrique, les malades se retrouvent souvent coupés de la société, sans emploi, sans vie sociale.Un long travail de réinsertion commence et n’est possible que grâce à des associations qui aident ces personnes à reprendre confiance, à recréer des liens, et à retrouver une activité professionnelle. Face au manque de structures d’accueil et d’hébergement pour les personnes souffrant de troubles psychiques, des solutions alternatives apparaissent depuis quelques années. Elles représentent un espoir pour les malades et leur famille.

Zoom sur deux associations que la Fondation Bettencourt Schueller a choisi de soutenir pour favoriser l’émergence de solutions nouvelles dans le domaine de la prise en charge des maladies psychiques.

 

FRATERNATIVE ET « LA MAISON D’A COTE »

L’association Fraternative a été créée en 2008 à Tourcoing sous l’impulsion de familles de personnes touchées par des troubles psychiques et l’isolement social qui en découle.

Face au nombre insuffisant de structures d’hébergement non médicalisées pour les personnes en souffrance psychique, et aussi pour soulager les familles, l’association a développé un nouveau concept d’habitat inclusif. « La maison d’à côté », inaugurée le 20 novembre dernier, peut accueillir neuf résidents en souffrance psychique, stabilisés sur le plan médical. Cet habitat est conçu pour développer l’autonomie des personnes accueillies grâce à des studios privatifs tout en apportant une ambiance conviviale et stimulante au sein des espaces de vie commune, animés par des maîtresses de maison. Réelle alternative aux hôpitaux psychiatriques et aux foyers médicalisés souvent impersonnels, cette maison permet à chaque résident de retrouver des projets et de la joie de vivre. Dans la journée, les résidents peuvent se rendre au centre d’accueil, également créé par Fraternative, qui propose des activités et des temps d’échange aux personnes en souffrance psychique, animés par des bénévoles, tout au long de la journée.

Le bilan des premiers mois de « La Maison d’à côté » est très encourageant : on constate l’absence d’hospitalisation, la diminution des traitements médicaux ou encore la reprise d’une activité quotidienne pour certains résidents. Pour les proches, c’est également un grand soulagement de voir leur fils, frère ou parent reprendre une certaine autonomie et joie de vivre dans ce cadre bienveillant. Grâce à cette maison, reconnue par le corps médical comme un exemple à suivre, l’association Fraternative espère faire émerger d’autres initiatives de ce genre et redonner de l’espoir à toutes les familles et malades concernés. 

 

Atelier confection de pinatas © Fraternative.

 

CLUBHOUSE, UN LIEU D’ACCUEIL INNOVANT

« Redonner à la personne sa dignité et le pouvoir d’agir », telle est la mission de Clubhouse France. Depuis 2010, l’association porte sur le territoire français une innovation sociale née aux Etats-Unis en 1948 et déjà déployée dans plus de 30 pays.

Afin de combler le chaînon manquant entre l’hôpital et la reprise d’un emploi ou d’une vie sociale, Clubhouse crée et anime des lieux d’accueil et d’activités, pour permettre aux personnes fragilisées par un trouble psychique de rompre avec la solitude et reprendre confiance en elles-mêmes. La particularité de ces clubhouses repose sur le fait que les personnes accueillies sont bien plus que de simples « bénéficiaires », ce sont des « membres » actifs. Elles sont encouragées à assumer des responsabilités et à prendre en charge des tâches de gestion du club. Par une gestion participative de ces lieux, Clubhouse promeut une entraide fondée, non sur l’assistanat, mais sur le partage et l’accompagnement. Celui-ci va permettre une réinsertion sociale et professionnelle des personnes.  Partout où il est implanté, ce modèle de réinsertion et sa méthodologie unique offrent des résultats probants. Le taux de réinsertion professionnelle des membres des clubhouses est supérieur à 30%.

La Fondation Bettencourt Schueller a été l’un des trois principaux partenaires historiques de la création du premier Clubhouse français, à Paris. L’association s’est ensuite développée à Lyon et à Bordeaux et compte aujourd’hui 400 membres. Pour répondre aux besoins immenses des familles, l’association vise l’ouverture de sept nouveaux clubs d’ici cinq ans, de façon à être présente dans dix villes et d’accompagner 2 000 personnes. Au-delà de l’accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques graves, l’association agit également pour lutter contre la stigmatisation des malades et changer les regards.

 

© Jean-François Merle.