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La France s’engage

Parmi les 30 associations primées par "La France s’engage", neuf sont accompagnées par la Fondation Bettencourt Schueller. Entretien avec Martin Hirsch, président de l’Institut de l’Engagement.

Voulu par le Président de la République lui-même, « La France s’engage » est un label attribué à des associations qui se mettent au service des autres, créant des coopérations innovantes, originales, décloisonnées et surtout reproductibles. Conçu comme un programme accélérateur, « La France s’engage » entend faciliter le travail de terrain et soutenir les initiatives porteuses d’intérêt général, en accompagnant ses acteurs dans des domaines aussi vastes que le progrès social, économique, culturel ou écologique.

 

QUESTIONS À MARTIN HIRSCH, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’ASSISTANCE PUBLIQUE HÔPITAUX DE PARIS ET PRÉSIDENT DE L’INSTITUT de l'engagement.

Comment sont repérés et évalués les projets ? 

Martin Hirsch : Rappelons d'abord comment est née « La France s'engage ». L'idée est venue d'un petit groupe de personnalités de la société civile convaincues que beaucoup d'initiatives, issues de partenariats originaux entre associations, entreprises, acteurs publics avaient un potentiel de transformation de la société. Elles pensaient qu’elles pouvaient apporter des réponses très pragmatiques à des problèmes que les pouvoirs publics seuls ne pouvaient pas résoudre. Or ces initiatives qui ne rentrent pas dans les cases traditionnelles rencontrent de nombreux obstacles pour se développer : scepticisme des acteurs, insuffisante visibilité, complexité du contexte juridique. Elles ont en commun de reposer sur un engagement de leurs promoteurs et de montrer que cet engagement est une force motrice puissante, si elle est prise au sérieux et n’est pas freinée.

Ce petit groupe de personnalités a proposé au Président de la République pour illustrer ce postulat une quinzaine de projets, qui ont formé le premier noyau de « La France s'engage ». Par la suite, des appels à projets ont été lancés, avec des centaines de candidatures. Les projets ont été évalués à l'aune de leur potentiel de développement, de leur originalité et de leur capacité à répondre à des enjeux de société considérés comme mal traités par les mécanismes traditionnels. L'information a bien circulé puisque très souvent, je rencontre des porteurs de projets qui me demandent quand sont les prochains appels à candidatures.

Comment essaimer l'esprit de ces initiatives et inciter les citoyens à s'en emparer ?

Le premier enjeu est de permettre à ces initiatives de grandir. II faut pour cela les prendre au sérieux, ne pas les soumettre à un cadre trop rigide, les articuler avec les dispositifs publics. Ensuite, l'état d'esprit des promoteurs de ces projets fait le reste. Par exemple, les quinze premiers porteurs de projets de « La France s'engage » ont pris l'habitude de se voir régulièrement et de monter des projets communs, qui deviendront peut être des initiatives autonomes à leur tour. Beaucoup de ces projets font appel à des volontaires du service civique qui deviendront des citoyens engagés qui créeront d'autres projets. 

Existe-t-il des dispositifs similaires en Europe ou ailleurs ?

Martin Hirsch : Le Royaume-Uni a développé une initiative « Big Society », donnant un rôle important à la société civile. Mais au Royaume-Uni, il s'agissait d'opposer l'action des pouvoirs publics à celle de la société civile. « La France s'engage » part d'un prisme différent. Il ne s'agit pas de mettre en concurrence deux modes d'intervention, mais au contraire de mieux les combiner. C'est une nouvelle forme de partenariat public/privé, sans but lucratif, tourné vers l'intérêt général. On peut également trouver dans les pays émergents des initiatives innovantes qui reposent sur l'engagement. Et « La France s'engage au Sud » permettra de dépasser les frontières et de mettre en résonance des projets des pays du Sud avec les projets français.

Et après 2017 ? Comment garantir la pérennité du dispositif « La France s'engage » ?

Les porteurs de projets de « La France s'engage » n'ont pas d'échéance électorale et leur horizon dépasse 2017. Ils n'arrêteront pas de s'engager, de bousculer, d'innover, de mobiliser après 2017. Mais je pense que ce qui s'est passé depuis juin 2014 est très important. Le Président de la République a considéré que les projets de la société civile étaient dignes d'être érigés en chantiers présidentiels au même titre que les grands travaux de ses prédécesseurs. La pyramide du Louvre, l'opéra de la Bastille, le musée des Arts premiers, le musée d'Orsay n'ont pas été fermés à la fin du mandat des présidents qui les ont portés. Je suis sûr que les chantiers de « La France s'engage » ne seront ni fermés, ni détruits, mais qu'ils seront aussi pérennes que l'airain ! C'est en tout cas notre engagement.

Parmi les 30 associations lauréates de « La France s’engage », neuf sont accompagnées par La Fondation Bettencourt Schueller.

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