Giovanni
Marsicano

Vétérinaire et docteur en sciences

Dotation du programme ATIP-Avenir - 2005

Les endocannabinoïdes, clés de l’adaptabilité comportementale ?

L’équipe de Giovanni Marsicano décrypte les mécanismes neuromoléculaires qui modulent nos comportements.

Le cannabis agit sur le système nerveux par l’intermédiaire d’un ensemble de récepteurs qui fixent ses principes actifs. Ces récepteurs sont à l’origine destinés à lier des molécules endogènes, les endocannabinoïdes, acides gras qui modulent la libération de neurotransmetteurs dans le cerveau.

Le système endocannabinoïde, découvert relativement récemment, est mal connu. Giovanni Marsicano, soutenu par la Fondation pour créer son équipe au Neurocentre Magendie à Bordeaux, en explore les mystères. Les chercheurs du groupe Endocannabinoïdes et neuroadaptation ont pour objectif de comprendre les bases moléculaires de l’adaptation comportementale. L’anxiété, la peur et la prise de nourriture sont notamment modulées par ce système. La génération de souris transgéniques modèles permet tout particulièrement aux chercheurs d’étudier le développement de l’obésité.

En effet, le système endocannabinoïde est le seul qui répond positivement aux traitements médicamenteux anti-obésité chez l’être humain. Les recherches de l’équipe de Giovanni Marsicano suivent une logique intégrée. Depuis les souris mutantes, nourries avec un régime riche en graisse, jusqu’au développement de tissus adipeux, les étapes comportementales, neuroendocrines et métaboliques de la prise de poids excessive sont décortiquées. L’évaluation de biomarqueurs chez les souris pourrait permettre le développement d’outils diagnostic améliorant la personnalisation de la prise en charge chez l’homme.

 

Giovanni Marsicano

Vétérinaire de formation, Giovanni Marsicano se tourne vers l’étude du système endocannabinoïde lors de son doctorat ès sciences. A l’Institut Max Planck de psychiatrie, il apporte d’importantes contributions au domaine. Lors de son post-doctorat, il découvre notamment que le système endocannabinoïde contrôle l’extinction des souvenirs désagréables et que les récepteurs CB1 jouent un rôle dans la protection des neurones contre l’excitotoxicité.


Depuis son installation au Neurocentre Magendie de Bordeaux, il a notamment révélé le mécanisme par lequel les cannabinoïdes servent de médiateur à l’analgésie. Ses travaux sur le développement des souris ont montré que les endocannabinoïdes structurent la connectivité du cerveau en formation. Très récemment, il a participé à la découverte de la pregnenolone, une molécule capable de protéger le cerveau de l’intoxication au cannabis. Il pourrait s’agir du premier traitement pharmacologique contre la dépendance à cette drogue.  


giovanni.marsicano@inserm.fr


 


 

  • 1992 Doctorat en médecine vétérinaire, Université de Parme (Italie)
  • 2001 Doctorat de neurobiologie, Open University Milton Keynes (Royaume-Uni)
  • 2001-2004 Post-doctorat, Institut Max Planck, Munich (Allemagne)
  • 2005-2006 Professeur junior, Department of Physiological Chemistry, Johannes Gutenberg University, Mayence (Allemagne)
  • 2005 Lauréat du programme Avenir de l’Inserm, en partenariat avec la Fondation Bettencourt Schueller
  • Depuis 2006 Chef d’équipe Endocannabinoïdes et neuroadaptation au Neurocentre Magendie, Bordeaux
  • 2006-2012 Chargé de recherche de 1ère classe à l’Inserm,
  • 2007Award for Young Investigators, International Association for Cannabis as Medicine
  • Depuis 2012 Directeur de recherche de 2ème classe à l’Inserm
  • 2012 Grand prix Robert Debré à orientation fondamentale