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La recherche fondamentale pour déjouer la tuberculose

A Institut de pharmacologie et de biologie structurale de Toulouse (IPBS), le Dr Olivier Neyrolles et son équipe sont soutenus par la Fondation pour le déploiement d’un ambitieux projet de recherche concernant la tuberculose. Cette maladie infectieuse presque oubliée en Europe reste la plus mortelle au monde.

LA TUBERCULOSE, TUEUSE TROP IGNOREE

Loin d’être une maladie du passé, la tuberculose a tué près de 1,5 million de personnes en 2018, selon l’Organisation mondiale de la santé, dont 251 000 enfants. Les malades, concentrés à 95 % dans les pays en développement, sont de plus en plus souvent infectés par des souches multi-résistantes de la bactérie Mycobacterium tuberculosis. En 2018, 480 000 nouveaux cas de tuberculose résistante à la rifampicine et/ou à l’isoniazide, ont été à déplorer, les deux antibiotiques pourtant les plus efficaces contre le bacille.

Le BCG, découvert il y a un siècle, reste le seul vaccin disponible pour contrer la tuberculose infantile. Malheureusement, la protection qu’il offre aux adultes contre la tuberculose pulmonaire s’avère très inégale.

Les maladies infectieuses et particulièrement celles transmises par voies aériennes, très difficiles à contenir, représentent un enjeu de santé globale critique. Ainsi, l’ONU a placé parmi ses objectifs de développement durable l’éradication de la pandémie de tuberculose d’ici à 2030.

Pour atteindre cet objectif, la recherche fondamentale est essentielle. D’un côté, de nouveaux vaccins ou de nouvelles utilisations du BCG doivent être proposés, ce qui implique de bien comprendre les interactions entre Mycobacterium tuberculosis et le système immunitaire. De l’autre, de nouvelles cibles moléculaires doivent être découvertes pour permettre le développement de médicaments.

 

DES EQUIPES A LA POINTE

A Toulouse, l’IPBS[1] comprend un département entier dédié à la recherche sur la tuberculose. Un des plus grands d’Europe, il est composé de plus de 80 personnes réparties en 6 équipes. Parmi celles-ci, l’équipe Interactions des mycobactéries avec les cellules hôtes, dirigée par Olivier Neyrolles, a apporté, depuis sa création en 2007, de nombreuses avancées dans le domaine. Les chercheurs ont notamment identifié des récepteurs de l’immunité qui participent à la reconnaissance de Mycobacterium tuberculosis, ont découvert de nouveaux mécanismes de l’immunité innée et ont caractérisé des gènes de virulence du bacille.

En 2013, l’équipe a bénéficié du Prix Bettencourt Coups d’élan pour la recherche française de la Fondation Bettencourt Schueller. Les infrastructures rénovées grâce à la dotation bénéficient au département entier, offrant des conditions de sécurité optimales aux chercheurs qui travaillent avec le bacille de la tuberculose in vivo. Le projet de recherche que la Fondation accompagnera sur cinq ans s’appuie sur des outils de pointe de microscopie et d’exploration fonctionnelle des tissus infectés, développés par les membres du laboratoire du Dr Neyrolles.

 


[1] L’IPBS est une unité mixte de recherche entre le CNRS et l’Université Toulouse III – Paul Sabatier

 

UN NOUVEAU MODELE POUR DES RECHERCHES EFFICACES

Les chercheurs feront usage d’une nouvelle lignée de souris modèles de la tuberculose. Ces souris développent une pathologie pulmonaire proche de celle observée chez l’homme en termes de diversité et de sévérité des lésions. Les chercheurs pourront répondre à des questions fondamentales concernant la physiologie et la virulence du bacille, le microenvironnement dans lequel se développe les foyers infectieux ainsi que les interactions entre l’organisme et le pathogène au niveau des lésions pulmonaires. La compréhension de la nature exacte de ce microenvironnement est clé car il constitue un verrou majeur qui limite l’efficacité des approches actuelles, aussi bien thérapeutiques que vaccinales. De nouvelles cibles thérapeutiques et de nouveaux candidats vaccins devraient être révélés grâce à ce programme de recherche.

Ces recherches sont aussi pour les chercheurs l’occasion d’acquérir et de renforcer des savoir-faire et la maîtrise de technologies de pointe nécessaires pour affronter la menace des maladies infectieuses à venir.

 

Les maladies infectieuses pulmonaires sont parmi les plus facilement transmissibles et difficiles à prévenir, comme nous en sommes témoins actuellement [avec le COVID-19].

Olivier Neyrolles

Toutes les maladies infectieuses en général, et en particulier celles impliquant des agents résistants aux traitements comme les antibiotiques, sont un problème majeur. On estime ainsi qu’en 2050, 10 millions de décès seront dus chaque année à des infections résistantes aux traitements.

Olivier Neyrolles

Images : Antonio Peixoto et Françoise Viala, IPBS, Toulouse. 

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