Le 17 février dernier, la Fondation annonçait dans une conférence de presse au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le doublement de ses soutiens aux résidences culturelles françaises à l’étranger. Une démarche majeure qui s’inscrit dans un engagement initié voilà plus de 25 ans, en faveur du rayonnement de nos métiers d’art, en France et dans le monde.

Révéler la noblesse des métiers d’art français, accompagner les artisans d’art dans leur recherche d’excellence, les aider à développer leur entreprise… Dès 1999, la Fondation s’est engagée dans cette mission qu’elle enrichit inlassablement de nouveaux projets. Depuis 2014, elle conduit notamment une ambitieuse politique de soutien de nos métiers d’art à l’international, s’engageant tout d’abord dans un mécénat principal avec la Villa Kujoyama à Kyoto avant de soutenir la Villa Albertine aux États-Unis et la Villa Médicis à Rome. 

L’objectif : offrir aux artisans d’art accueillis dans ces résidences culturelles françaises à l’étranger une immersion unique, véritable accélérateur de carrière ; et accroître le prestige des métiers d’art à travers le monde. Pour cela, la Fondation a développé ses projets à partir des spécificités de chaque résidence, construisant un écosystème qui agit sur différents leviers clés : la culture, l’innovation, et les marchés. De nombreux succès sont déjà venus saluer l’efficacité de la démarche, ce qui a décidé la Fondation à renouveler son soutien aux trois Villas en doublant le montant de son financement. Fidèle à sa méthode d’accompagnement, elle a prolongé le dialogue engagé avec les directeurs des Villas et leurs équipes pour définir les projets de ce renouvellement et affiner ceux en cours. Le détail, Villa par Villa.

La Villa Kujoyama, un nouveau soutien pour encourager la recherche et l’innovation

Principale résidence culturelle française en Asie, la Villa Kujoyama surplombe la ville de Kyoto, berceau des pratiques artistiques japonaises depuis le XIVe siècle. Inaugurée en 1992, elle se fixe pour mission d’accueillir, en résidence, artistes et créateurs souhaitant développer un projet en lien avec le Japon. Aujourd’hui, le lieu s’affirme en vecteur d’influence de la présence française au Japon, et symbolise les échanges entre les deux pays. La Fondation s’est engagée aux côtés de la Villa dès 2014, en ouvrant le programme des résidences aux métiers d’art français. 

En douze ans, environ deux cents résidents, dont près de trente résidents métiers d’art, y ont séjourné quatre à six mois, et huit lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main® ont été parallèlement accueillis pour un mois. Tous ont eu l’opportunité de vivre une immersion inédite dans la culture japonaise lors d’échanges avec des artistes, des enseignants, et les meilleurs artisans d’art – les Trésors Nationaux aux savoir-faire millénaires. Une façon de découvrir le patrimoine et la modernité de l’artisanat japonais, de confronter aussi pratiques nippones et occidentales. Au fil des années, la Fondation a mis en place un dispositif d’accompagnement des artisans d’art afin de les aider à exploiter au mieux l’expérience et a permis le développement des post-résidences individuelles pour renforcer encore les bénéfices des séjours.

Aurélie Lanoiselée, brodeuse, créatrice textile ; lauréate 2009 du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main – Talents d’exception 2009 ; lauréate 2026 de la Villa Kujoyama. © Thierry Caron / Divergence
Vue extérieure de la Villa Kujoyama. © Kenryou Gu pour la Villa Kujoyama

Des partenariats avec des laboratoires français et japonais 

Forte de ces succès, la Fondation a renouvelé son engagement à la Villa jusqu’en 2031, en doublant les financements alloués. Ce soutien permettra la poursuite du programme de résidence destiné aux artisans d’art et les séjours dédiés à des lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main®. Il contribuera à financer un fonds de soutien à la création pour les post-résidences à destination de l’ensemble des résidents. 

Par ailleurs, la Fondation va participer au financement de bourses de recherche pour encourager les travaux qui prennent en compte les grands enjeux contemporains partagés par les deux cultures : conservation et transmission des savoir-faire, engagement durable et responsable. Cette démarche passera par le développement de partenariats avec des laboratoires de recherche des universités au Japon et en France. Les artisans d’art seront particulièrement sollicités pour participer à cette dynamique de recherche et d’innovation.

« L’ouverture de la Villa Kujoyama aux métiers d’art a constitué un tournant. Le partenariat avec la Fondation Bettencourt Schueller nous a permis d’expérimenter, d’innover et de faire de la Villa Kujoyama un véritable laboratoire de recherche et de dialogue entre disciplines. Ce renouvellement va nous permettre d’aller plus loin encore, en renforçant l’accompagnement des projets au-delà du temps de la résidence, au Japon, en France et à l’international. »

Découvrir

Villa Kujoyama

Lieu d’exception sur les hauteurs de Kyoto, la Villa Kujoyama se distingue par son interdisciplinarité, sa mise en dialogue des cultures, et par son accompagnement personnalisé des artistes, artisans et créateurs qui viennent en...

La Villa Albertine, un accompagnement renforcé pour favoriser l’accès au marché américain 

La Fondation a choisi de contribuer, en 2021, à la création de la résidence culturelle inaugurée par la France aux États-Unis. Baptisée Albertine, cette résidence du XXIe siècle renouvelle le concept de Villa avec une vision contemporaine qui intègre les spécificités du pays investi, délaisse le modèle d’une seule villa dans une seule ville, et affiche la volonté de nouer des liens culturels, artistiques, mais aussi économiques. 

Cette ambition a participé à l’adhésion de la Fondation qui a choisi d’accompagner le projet en l’ouvrant aux métiers d’art, avec un triple objectif : renforcer la visibilité de la création française aux États-Unis, tisser des liens avec les institutions culturelles du pays et permettre aux artisans d’art de rencontrer les acteurs du marché américain, l’un des plus dynamiques du moment. Pour cela, la Fondation a soutenu un programme de résidences permettant à cinq artisans d’art de séjourner aux États-Unis chaque année en choisissant, parmi dix villes, la plus en phase avec leur projet. Elle a participé à la création d’un accompagnement post-résidence afin de leur permettre d’aller plus loin dans leur démarche (expositions, participations à des salons spécialisés). Depuis 2023, elle accompagne l’événement Oui Design imaginé par la Villa Albertine, qui se tient à New York durant la Design Week. Pensé sous forme d’un parcours, celui-ci permet aux visiteurs d'identifier l'offre française avec des événements imaginés dans des maisons et des showrooms partenaires. Le tout prolongé par une exposition présentant les œuvres des artisans en résidence.

  • Détail du travail de Julien Vermeulen, plumassier.
    Travail du plumassier Julien Vermeulen, lauréat Oui Design 2025 et lauréat du Prix Liliane Bettencourt pour l'Intelligence de la Main - Talents d'exception 2018.
    © Philippe Stouvenot
  • Exposition des pièces de Mathilde Martin pendant l'événement Oui Design en 2025.
    Exposition des pièces de Mathilde Martin, lauréate de Oui Design 2025.
    © Cécile Gray
  • Exposition Oui Design 2025 avec les œuvres de Célina Blundell, Julia Debord-Dany, Cécile Gray, Matilde Martin, Pierre-Yves Morel, Alice Riehl, Fanny Serouart et Julien Vermeulen.
    © Philippe Stouvenot

Une scène française qui gagne en influence

Après cinq années d’expérience, la Villa Albertine recueille tous les suffrages. En articulant de manière inédite les dimensions artistiques et économiques, ce modèle – sans équivalent à ce jour – s’est affirmé comme un projet pionnier dans le paysage des résidences artistiques. Dans ce contexte, la Fondation a choisi d’amplifier le montant de son soutien pour les cinq prochaines années, devenant mécène exclusif du programme métiers d’art et design de la Villa Albertine. Celui-ci comprendra cinq résidences et cinq bourses d’immersion par an de dix jours à New York. 

Par ailleurs, la Fondation poursuivra son accompagnement de l’événement Oui Design, qui prendra une orientation particulière en 2026 à l’occasion des cinq ans de la Villa Albertine et du soutien de la Fondation, mais aussi du 250e anniversaire de l’Indépendance des États-Unis et de l’amitié franco-américaine. La Villa Albertine profitera de cette mise en lumière de la France pour faire rayonner nos métiers d’art, mission dans laquelle elle sera plus que jamais impliquée.

« Nous célébrons nos cinq ans avec une ambition claire : être un point d’entrée stratégique vers le marché américain pour les métiers d’art français. Les États-Unis représentent un enjeu économique majeur, et la Villa Albertine joue un rôle clé de mise en relation avec les réseaux professionnels américains et de valorisation de la créativité de nos artisans d’art. Le soutien renouvelé de la Fondation Bettencourt Schueller vient renforcer cette dynamique, en apportant un appui financier et stratégique qui nous permet d’en approfondir et d’en structurer le déploiement dans la durée. »

Découvrir

Villa Albertine

En 2021, la Fondation a élargi son développement international en accompagnant la naissance de la Villa Albertine, nouvelle résidence culturelle française aux États-Unis. Imaginée selon un modèle inédit, cette Villa entend tisser...

La Villa Médicis, renforcer la présence des résidences à destination d’artisans d’art

C’est la plus ancienne et l’une des plus prestigieuses résidences d’artistes françaises à l’étranger. Fondée en 1666 par Louis XIV, la Villa Médicis a accueilli depuis sa création plus de 2 000 pensionnaires et connu de multiples restaurations sous la houlette de ses différents directeurs. À la tête de l’institution depuis 2020, Sam Stourdzé a souhaité, à son tour, marquer le lieu de son empreinte avec une mission : faire intervenir des artistes contemporains et mettre à nouveau en valeur les grands savoir-faire français. La Fondation est devenue mécène de la résidence romaine en 2022 avec un double objectif : faire de la Villa Médicis un lieu d’innovation, de création et de transmission en favorisant le dialogue entre les disciplines ; valoriser la création et l’excellence des métiers d’art français.

Des liens entre artisans d’art, designers et architectes

La Fondation a ainsi permis à la Villa Médicis de créer des résidences à destination d’artisans d’art et d’initier l’ambitieux projet « Réenchanter la Villa Médicis ». Cette vaste campagne de réaménagement fait rayonner les métiers d’art, le design contemporain et le patrimoine restauré à la Villa Médicis avec le concours des Manufactures nationales. La Fondation a contribué au réaménagement des chambres et salons historiques par l’architecte d’intérieur India Mahdavi, en collaboration avec des artisans d’art, puis au réaménagement de six chambres d’hôtes de l’aile sud, par des équipes d’architectes d’intérieur et douze artisans d’art français et italiens. En outre, elle apporte son soutien au programme pédagogique Résidence Pro de la Villa Médicis, afin de renforcer la sensibilisation aux métiers d’art de lycéens issus d’établissements professionnels et agricoles.

  • Chambre des Amours réaménagée par India Mahdavi
    La chambre des Amours réaménagée par India Mahdavi dans le cadre du projet Réenchanter la Villa Médicis.
    © Daniele Molajoli
  • Le projet "Isola" par Sabourin Costes (Zoé Costes et Paola Sabourin) avec Estampille 52 (Fantin Mayer-Peraldi et Paul Mazet). Projet réalisé dans le cadre de Réenchanter la Villa Médicis.
    © Daniele Molajoli
  • Camera Fantasia
    Le projet "Camera Fantasia" par le Studio GGSV (Gaëlle Gabillet et Stéphane Villard) avec Matthieu Lemarié et Paper Factor (Riccardo Cavaciocchi), réalisé dans le cadre de Réenchanter la Villa Médicis en 2025.
    © Daniele Molajoli
  • Devant la Villa Médicis, les élèves participants à la Résidence Pro 2024.
    Devant la Villa Médicis, les élèves de la promotion 2024 de la Résidence Pro.
    © Margherita Nuti

Depuis 2022, la Villa Médicis connaît un succès qui ne se dément pas. En renforçant l’intégration des métiers d’art à son identité, elle s’est positionnée comme une vitrine de l’excellence pour les métiers d’art français auprès du grand public et du monde de la culture. Dans ce contexte, la Fondation a choisi de renouveler son soutien jusqu’en 2029 pour affiner le projet et lui donner encore plus d’ambition. Les objectifs : le réaménagement de six nouvelles chambres historiques, notamment de la chambre turque par India Mahdavi et des neuf pavillons de pensionnaires Carlu, la poursuite du programme de résidences métiers d’art avec quatre artisans d’art reçus à la Villa Médicis chaque année et une résidence collective pour une sélection de lauréats du Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main®, une semaine par an. Cette nouvelle phase du projet vise à renforcer le rayonnement des métiers d’art à l’international, faisant de la Villa Médicis une vitrine de l’excellence française et européenne de l’artisanat d’art français.

« La Villa Médicis est un lieu unique, qui conjugue patrimoine, création contemporaine et transmission. Notre volonté est d’enchevêtrer pleinement ces missions pour qu’elles dialoguent entre elles. C’est dans cette dynamique que la place des métiers d’art s’est renforcée au sein de la Villa Médicis, grâce au travail mené avec la Fondation Bettencourt Schueller. Ce partenariat nous apporte soutien financier et expertise, qui nous permettent de conduire cette transformation dans la durée, et d’en garantir l’exigence. »

Découvrir

Villa Médicis

Fondée en 1666 par Louis XIV, l'Académie de France à Rome installée Villa Médicis favorise la création artistique et le dialogue entre la France et l'Italie à travers une importante programmation culturelle, ainsi que des...