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Ensemble, enchantons demain !

Emmenée par la Fondation Bettencourt Schueller, « Ensemble enchantons l’été™ » a permis à plusieurs chœurs professionnels et une maîtrise de poursuivre leur activité en dépit du contexte sanitaire, en imaginant une série de concerts gratuits pour le grand public dans toute la France. Elle a également constitué un parfait laboratoire d’expérimentation, ouvrant la voie à de nouvelles façons de penser le chant, la scène, le rapport aux spectateurs. La preuve avec trois chefs de chœur qui nous dévoilent leur bilan. Et leurs projets.

C’était il y a sept mois, c’était il y a un siècle. Le confinement mettait à l’arrêt la France entière et notamment le monde artistique -le privant de toute activité, ôtant aussi à ses fidèles le plaisir et le réconfort précieux que suscite l’art dans les moments troublés. Forte de son engagement depuis trente ans en faveur de l’excellence du chant choral français (grâce à un important programme de dons et son Prix pour le chant choral), la Fondation Bettencourt Schueller a très vite proposé le projet Ensemble à une sélection d’acteurs du secteur du chant choral, leur permettant de reprendre une activité avec de nouvelles formes d’expression – vidéos, captations- imaginées avec le soutien d’ Arte et la collaboration d’artistes et réalisateurs, Clément Cogitore ou Vergine Keaton….

Dès le début de l’été, et avec l’annulation de la majorité des festivals, la Fondation s’est à nouveau mobilisée, invitant quelques chœurs à réinventer leur programmation d’été. Le défi ? Saisir cette occasion unique de sortir du cadre des salles de concert traditionnelles pour créer des expériences singulières. En tout, ce sont plus de 40 moments musicaux – surgissements poétiques, concerts dans des lieux inédits- qui ont été programmés partout en France, depuis le 21 juin et jusqu’au 4 octobre 2020. Grâce à ces événements gratuits, cinq chœurs professionnels et une maitrise d’enfants (tous lauréats du prix Liliane Bettencourt pour le chant choral) se sont produits devant un public renouvelé avec, plus que jamais, la conviction que l’art est facteur d’épanouissement et de cohésion sociale. Des concerts qui leur ont aussi permis d’enrichir leur réflexion et leur pratique.

 

Mathieu Romano, ensemble Aedes

« Nous allons poursuivre l’expérience de la captation »

Ce concert à Vézelay, mercredi 26 août, a été un moment très émouvant -le premier depuis mars et l’occasion de retrouver des gens en vrai, d’écouter à nouveau les applaudissements. Il a été précédé de plusieurs surgissements, qui nous ont permis d’entrer en relation avec le public de façon conviviale et joyeuse, tout en vivant une expérience assez neuve. Nous avons en effet chanté à deux mètres les uns des autres, ce qui nous a obligé à repenser la façon de nous écouter, de faire corps musicalement. Par ailleurs, le concert -diffusé prochainement sur Arte, a bénéficié de moyens de captation très importants, ce qui a renouvelé notre intérêt pour le procédé. Contrairement au concert, l’instant fugace reste gravé dans la mémoire numérique, ce qui induit un autre état d’esprit. Il faut répéter, reprendre pour choisir la meilleure des prises. Ces captations se révèlent plus utiles encore que les répétitions. On travaille une œuvre de façon plus profonde, on en repère davantage les périls et les passages plus faciles. Nous avons fait entrer cette expérience dans notre boite à outils et allons la tester dans des lieux très différents. Prochaine captation ? Dans le narthex de la basilique de Vézelay où nous chanterons, sans public, des Motets de Mendelssohn*.

*Concert sur les réseaux sociaux à l’automne.

 

Laurence Equilbey, accentus, Insula Orchestra

« Nous allons connecter ces surgissements à d’autres événements. Esquisser une constellation avec d’autres formes d’art »

Les concerts réalisés pour Ensemble, enchantons l’été ! ont été des moments de joie pure. Nous les avons vécus comme un retour à la vie, à l’art vivant. En regardant récemment les captations, je me suis mise à pleurer devant mon ordinateur ! Grâce à ces productions, nous avons renoué avec des expérimentations qui nous sont chères. Nous sommes adeptes des formes ouvertes, innovantes -des flashmobs, des clips décalés, des webséries…. Ces démarches à la fois artistiques et pédagogiques, conçues dans des endroits atypiques, suscitent des émotions particulières, au bémol près de l’acoustique. Ce ne sont pas des configurations confortables, elles exigent davantage de concentration et d’écoute mais offrent plus de naturel, plus de joie ; ce qui était d’ailleurs l’ambition première de la fête de la musique. Nous allons poursuivre ces surgissements qui nous donnent la possibilité de toucher un autre public. Dans ce même esprit démocratique, ils doivent, selon moi, être connectés à d’autres événements -esquisser une constellation avec d’autres formes d’art. Ce sera notre objectif à l’automne dans le foyer public de l’Opéra de Rouen et, en 2021, dans l’espace de la Seine musicale, en lien avec la programmation prévue autour de Francis Poulenc.

 

Léo Warynski, les Métaboles

« L’opération nous a donné le désir de retrouver une plus grande liberté artistique »

Ces concerts ont été un rayon de soleil dans l'été des Métaboles ! Grâce à eux, nous avons été à nouveau réunis et avons expérimenté des lieux neufs, très loin du cadre des festivals habituels. Nous avons joué dans l’Est de la France -dans des petits villages, au cœur d’une citadelle, sur un barrage. Nous avons offert de la musique à des gens qui en sont souvent privés et rencontré un public que nous croisons rarement. Du coup, nous avons donné à ces spectacles une dimension plus large avec des conférences, des échanges informels. Nous avons aussi conçu un répertoire capable de séduire un large public, sans jamais lâcher sur l’exigence. Le Jardin extraordinaire de Charles Trenet, les arrangements de Francis Poulenc et Maurice Ravel des grandes chansons françaises…. Nous allons poursuivre cela en programmant des événements dans des lieux différents. Nous avons prévu de rééditer l’expérience Grand Est’ival en 2021 et de nouer d’autres partenariats avec des mairies, des régions. Cette expérience a également été l’occasion d’une prise de conscience ; elle nous a donné envie de retrouver une plus grande liberté artistique. Bien souvent, les musiciens sont les derniers à décider, contraints par les exigences des festivals qui déterminent largement les programmations. Notre conviction ? L’artiste doit revenir au centre des choix et des décisions. 

 

5 mois d’accompagnement

7 territoires : Paris, Grand Est, Nouvelle Aquitaine, Bourgogne, Périgord, Rhône-Alpes, Hauts de France

5 chœurs et 1 maîtrise, avec plus de 200 interprètes

40 concerts, surgissements, répétitions publiques

50 œuvres interprétées

5 films diffusés sur ARTE Concert et accessibles pendant 1 an

750 000 vues via les réseaux sociaux de la Fondation et arte.tv