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Prix Coups d’élan pour la recherche française

  • Améliorer les infrastructures et les conditions de travail des chercheurs en sciences de la vie

    Le prix Coups d’élan pour la recherche française a été créé par la Fondation en 2000. En seize ans, 58 laboratoires français et plus de 500 chercheurs ont bénéficié de ce prix.

    Il est attribué chaque année à quatre équipes de recherche biomédicale publique, relevant de l’Inserm et de l’Institut des sciences biologiques du CNRS.

    La dotation du prix est de 250 000 euros.

    En seize ans, 54 laboratoires français et plus de 500 chercheurs ont bénéficié de ce prix.

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Les lauréats

2016
Close Bernard de Massy Comprendre le contrôle du couper-coller chromosomique

A Montpellier, l'équipe de Bernard de Massy identifie chez la souris les mécanismes moléculaires par lesquels les chromosomes échangent du matériel génétique dans les cellules destinées à devenir ovocytes et spermatozoïdes.

La reproduction sexuée a pour rôle de mélanger pour innover, tout en protégeant ce qui ne doit pas être altéré. Les gamètes mâles et femelles sont formés à l'aide d'une division spécifique, la méiose, qui, avant de séparer le génome en deux, opère à la recombinaison entre chromosomes homologues. Cet échange d'allèles n'est pas sans risque, puisque pour construire les enjambements qui lieront les chromosomes lors de l’échange, l'organisme impose à l'ADN des futurs gamètes, des cassures double-brins. Ces coupures de la double-hélice peuvent avoir des conséquences désastreuses pour la cellule, l'organisme et sa descendance (les maladies génétiques ou la stérilité). Le processus est donc strictement contrôlé.

L'équipe de Bernard de Massy enquête sur les mécanismes moléculaires qui encadrent le timing, le nombre, la localisation et la réparation des cassures double brins. Ces éléments sont cruciaux pour la bonne répartition des chromosomes entre les cellules filles. 

L'équipe a notamment identifié trois protéines, PRDM9, SPO11 et, très récemment, TopoVIB-L, qui interagissent avec d'autres facteurs pour provoquer la cassure double-brin à des endroits spécifiques de la molécule d'ADN. Dans le projet soutenu par la Fondation, les scientifiques vont s'appuyer sur des recherches in vivo et in vitro pour raffiner un modèle montrant comment ces facteurs agissent, coopèrent et sont régulés pour promouvoir la recombinaison méiotique.

Le prix Coup d'élan va permettre à l'équipe de mettre en place des approches génomiques, très gourmandes en capacité de stockage et traitement informatique, pour répondre à ces questions fondamentales. La nouvelle infrastructure informatique sera également mise à disposition de l’Institut de Génétique Humaine à Montpelier.

Bernard de Massy

Ingénieur agronome de formation, Bernard de Massy transforme son intérêt pour la transmission héréditaire de l’information génétique en une thèse de doctorat sur la réplication de l’ADN de la bactérie Escherichia coli. Recruté au CNRS, il se forme peu à peu au travail avec la souris, modèle idéal pour étudier les mécanismes basiques de ségrégation des chromosomes durant la méiose et mieux comprendre la contribution de la recombinaison dans l'évolution du génome. Il fait chez le rongeur plusieurs découvertes importantes, dont Spo11, enzyme qui catalyse la formation des cassures double-brin dans l'ADN méiotique. Près de 20 ans plus tard, son équipe trouve enfin la protéine partenaire la plus proche de Spo11 : TopoVI-BL. Avec la découverte de nombreux autres facteurs, dont PRDM9, qui cible Spo11 sur différents endroits du génome et offre une dynamique inattendue au processus de recombinaison, les travaux de Bernard de Massy dévoilent progressivement un mécanisme raffiné susceptible d'opérer des changements rapides dans l'architecture des génomes.

bernard.de-massy@igh.cnrs.fr

  • 1981Doctorat de microbiologie, Université Paul Sabatier, Toulouse
  • 1983-1985Post-doctorat sous la direction du Dr. Bob Weisberg, National Institutes of Health (NIH), Bethesda (Etats-Unis)
  • 1985-1987Post-doctorat sous la direction du Dr. Max Gottesman, Columbia University, New-York (Etats-Unis)
  • 1988-1998Chargé de recherche CNRS, laboratoire du Dr. Alain Nicolas, Institut de Génétique et Microbiologie, Orsay
  • Depuis 1998Chef d’'équipe Méiose et recombinaison, Institut de Génétique Humaine, Montpellier
  • Depuis 2011Directeur de Recherche 1ère classe, CNRS
  • 2011Prix Jules Martin, Académie des Sciences
  • 2011Elu membre de l’EMBO (Organisation Européenne de Biologie Moléculaire)
  • 2012Médaille d'argent du CNRS
  • 2013ERC Advanced grant (bourse du Conseil Européen de la Recherche)
  • 2016Prix Coups d’élan pour la recherche française
Close Thierry Galli La tâche herculéenne des neurones

A Paris, l'équipe de Thierry Galli décrypte les mécanismes moléculaires et cellulaires qui permettent aux neurones de croître et de se ramifier.

Comment, à partir d'un oeuf microscopique, un organisme croît-il? La seule division des cellules ne peut suffire. Pour ajouter de la surface, il faut ajouter de la membrane cellulaire. Les neuroscientifiques comparent ce travail colossal aux douze travaux d'Hercule. L'ampleur de la tâche accomplie est bien illustrée par la longueur atteinte par les neurones moteurs qui connectent directement le cervelet à la queue d'une baleine bleue.

Les membranes cellulaires ne sont pas statiques : un flux ininterrompu de molécules de tailles et rôles variés y navigue sans cesse. Pour atteindre la membrane et éventuellement être libérées à l'extérieur de la cellule, les protéines et lipides produits par les organelles - les organes de la cellule - empruntent diverses voies de sécrétion. Thierry Galli propose de quantifier la contribution de chaque mécanisme de sécrétion cellulaire et de chaque organelle dans la croissance cellulaire,  l'extension des axones et la formation d'arbres dendritiques élaborés. Pour démêler la fonction et l'importance de chacun de ces acteurs, l'équipe de Thierry Galli va utiliser des membranes artificielles, des cellules nerveuses en culture et étudier les mécanismes in situ dans le cerveau. 

Le prix Coup d'élan permettra au laboratoire d'acquérir un microscope confocal àdisque tournant, technologie idéale pour l'observation de cellules vivantes et les approches in vitro quantitatives, toutes deux nécessaires à l'étude du dysfonctionnement de l'expansion de la membrane cellulaire dans les pathologies neurodéveloppementales et neurodégénératives. L'équipement servira également à la quasi-totalité des équipes du Centre de Psychiatrie et Neurosciences que Thierry Galli dirige depuis 2015.

Thierry Galli

Thierry Galli pave lui-même le chemin de ses découvertes. Post-doctorant à Yale, il découvre que la toxine tétanique ne bloque pas complètement la sécrétion de certaines cellules et qu'elle cible une nouvelle protéine exprimée partout, VAMP3 (Vesicle-Associated Membrane Protein 3). Thierry Galli imagine alors une protéine VAMP insensible à la toxine tétanique. Quelques années plus tard, le jeune chercheur crée sa propre équipe, part en quête de cette protéine putative, la trouve et la nomme TI-VAMP pour Tetanus toxin-Insensitive VAMP. TI-VAMP se révèle être impliquée dans un grand nombre de processus cellulaires, que Thierry Galli incorpore peu à peu au cadre de ses recherches. S'appuyant sur une approche multidisciplinaire mêlant biochimie, imagerie, biophysique et génétique, il fait alors d'importantes découvertes à propos de la croissance neuronale et de la navigation axonale, de la migration et de l'adhésion cellulaire, de la dynamique des récepteurs membranaires ou encore de l'endocytose. Ses projets les plus récents pourraient éclairer la croissance cellulaire neuronale, les mécanismes de formation synaptique et la communication entre cellules nerveuses.

thierry.galli@inserm.f

  • 1992Doctorat de neurosciences, Université Pierre et Marie Curie, Paris
  • 1992-1995Post‐doctorat sous la direction du Pr. Pietro de Camilli, department of Neuroscience, Yale University, New Haven (Etats-Unis)
  • 1995-2000Chargé de Recherche Inserm, laboratoire du Pr. D. Louvard, Institut Curie, Paris
  • 1999Habilitation à diriger des recherches, Université Pierre et Marie Curie, Paris
  • 2000-2004Chef d’équipe Trafic membranaire et plasticité neuronale, Institut du Fer-à-Moulin, Paris
  • 2001-2013Directeur de Recherche 2ème classe, Inserm
  • 2005Lauréat du programme Avenir de l’Inserm
  • Depuis 2005Chef d’équipe Trafic membranaire normal & pathologique", Institut Jacques Monod, Paris
  • 2012Grand Prix à orientation fondamentale, Association Robert Debré pour la Recherche Médicale
  • Depuis 2013Directeur de Recherche 1ère classe, Inserm
  • 2013 - 2016Prime d’Excellence Scientifique, Inserm
  • 2015Prix Rachel, Ajzen et Léon Iagolnitzer, Fondation pour la Recherche Médicale
  • Depuis 2015Directeur du Centre de Psychiatrie et Neurosciences, Inserm, Université Paris Descartes, Paris
  • 2016Prix Coup d’élan pour la recherche française
Close Frank Schnorrer La tension comme boussole de la formation des muscles

L'équipe de Frank Schnorrer s'installe à l'Institut de Biologie de Développement de Marseille Luminy pour y explorer le rôle de la force de tension sur l'organisation des unités contractiles des muscles.

Plongeons dans un muscle. D'abord, on voit les fibres musculaires, longues cellules capables de se contracter. Grossissons encore. Des myofibrilles sont alignées à l'intérieur de ces cellules. Encore un zoom. Les sarcomères, unités contractiles du muscle bien rangés pour former les myofibrilles. Dernier arrêt, les longs filaments protéiques qui composent les sarcomères.

L'équipe de Frank Schnorrer étudie comment les sarcomères s'assemblent en myofibrilles chez la mouche drosophile. Les myofibrilles étant dès le départ solidement attachées aux points d'ancrage du muscle, le lauréat souhaite vérifier si la tension agit comme une boussole moléculaire pour coordonner et orienter l'assemblée de différentes protéines des sarcomères en myofibrilles hautement organisées. La grande originalité du projet consiste à mesurer la force directement supportée par différents complexes protéiques à l'aide d'un système innovant de ressorts moléculaires associés à des paires de molécules fluorescentes. En étudiant la communication au sein la paire de molécules fluorescentes, il sera possible de connaître la distance entre elles. Et donc la tension appliquée sur le ressort moléculaire. Ce système sera intégré au sein de deux protéines d'intérêt : Talin, qui participe à l'ancrage des myofibrilles, et Titine, protéine géante aux propriétés élastiques qui contribue à l'assemblage des sarcomères.

En effet, comprendre comment les forces exercées sur les protéines du sarcomère sont distribuées permettra de mieux connaitre l’origine d’un grand nombre des pathologies associées à des défauts d’organisation du muscle.

Grâce au prix Coup d'élan, Frank Schnorrer va entièrement équiper son laboratoire récemment installé à l'Institut de Biologie du Développement de Marseille.

FrankSchnorrer

Depuis Février 2016 : Directeur de Recherche 2ème classe CNRS, chef d’équipe Dynamique musculaire à l'Institut de Biologie du développement,  Marseille 

Frank Schnorrer arrive dans son laboratoire de post-doctorat fermement déterminé à se lancer dans la biologie du muscle. Méthodique, il analyse d'abord en profondeur la littérature scientifique existante, jusqu'à écrire une review publiée dans Developmental Cell. Il initie alors le premier criblage d'interférence à ARN (ARNi) à l'échelle du génome entier. Outil au potentiel énorme pour la communauté scientifique, le criblage lui fournit une large collection de gènes et de mutants de mouche drosophile à étudier par la suite dans son premier propre laboratoire, à Munich. L'approche par ARNi est idéale pour adresser la formation de la musculature adulte. Chaque muscle étant une seule grande cellule à plusieurs noyaux (ou syncytium), il est effectivement impossible d'utiliser les méthodes génétiques classiques pour enquêter sur leur structuration. En plus de criblages génétiques à grande échelle, le jeune chef d'équipe continue à développer des méthodes d'imagerie, et construit notamment des images 3D de la mouche adulte entière, tableaux de l'organisation des muscles à un niveau de détail inédit.

Ces outils génétiques et techniques soutiennent l'exploration de l'organisation des muscles et des tendons que Frank Schnorrer développe dans son nouveau laboratoire à Marseille.. En plus d'éclairer à un niveau fondamental le bon développement et la mobilité des animaux, ces recherches sont susceptibles d'ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques chez l'homme. En effet, de nombreuses pathologies sont associées à des défauts d'organisation des muscles.

frank.schnorrer@univ-amu.fr

  • 2002Doctorat de biologie, Université de Tübingen, (Allemagne)
  • 2003 – 2007Post-doctorat sous la direction du Dr. Barry Dickson, Institute of Molecular Pathology, Vienne (Autriche)
  • 2008 – 2016Chef d'équipe Dynamique des muscles, Institut Max Planck de Biochimie, Munich-Martinsried (Allemagne)
  • 2009Prix pour le développement de carrière, Human Frontier Science Foundation
  • 2011Prix Jeune Chercheur, EMBO (Organisation Européenne de Biologie Moléculaire)
  • 2012ERC Consolidator grant (bourse de la Conseil Européen de la Recherche)
  • 2016Coups d’élan pour la recherche française
Close Jessica Zucman-Rossi Cancer du foie : comprendre les origines, soigner les malades

 

L'équipe parisienne de Jessica Zucman-Rossi explore les altérations du génome dans le cancer du foie, l'un des cancers digestifs les plus agressifs. Avec pour but de démêler les responsabilités de l'environnement et de l'hérédité dans la cancérogenèse et d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. 

Le cancer du foie apparait en majorité chez des individus souffrant déjà d'une cirrhose. Cependant, environ 5% des malades développent des tumeurs sur foie sain. Ces patients intéressent particulièrement l'équipe de Jessica Zucman-Rossi. Ils sont en effet susceptibles d'aider à l'identification de nouveaux facteurs environnementaux et génétiques contribuant au développement du carcinome hépatocellulaire. Ces découvertes concerneraient tous les malades, les mécanismes d’initiation de la cancérogenèse étant les mêmes quel que soit l'état original du foie. A l'aide d'une classification moléculaire des tumeurs hépatiques par séquençage haut débit, l'équipe compte également déchiffrer les interactions entre risques environnementaux et phénotype tumoral. Traduites en biomarqueurs, ces données génomiques pourront améliorer la prise en charge des patients en termes de prévention.

Le prix Coup d'élan va permettre l'installation de l'équipe de Jessica Zucman-Rossi au Centre de Recherche des Cordeliers, où elle travaillera aux côtés de grands spécialistes du métabolisme hépatique et de l'immunologie, tel que Guido Kroemer, prix Coup d'élan 2010. La rénovation des 320m2 prévus pour leur accueil ainsi que la création d'un laboratoire sécurisé dédié spécialement à la culture et à la manipulation de cellules humaines permettra aux chercheurs de travailler dans d'excellentes conditions. L'arrivée de cette grande équipe permettra au Centre de Recherche des Cordeliers, de se restructurer autour des thématiques du métabolisme, de l'immunologie et du cancer. 

Jessica Zucman-Rossi

Jessica Zucman-Rossi participe à des travaux précurseurs en oncologie dès sa thèse en sciences. Elle travaille alors sur les altérations génétiques du sarcome d'Ewing, un cancer rare mais très grave qui touche majoritairement les enfants. Elle y identifie et caractérise la première translocation chromosomique récurrente dans une tumeur solide chez l’homme. A la tête de sa propre équipe, Jessica Zucman-Rossi réalise plus tard un travail pionnier sur les altérations de gènes dans les tumeurs bénignes et malignes du foie. En confrontant analyse génique et moléculaire à des données cliniques, son groupe identifie un gène suppresseur de tumeur (HNF1A), un oncogène (gp130) et établit les premières classifications moléculaires des tumeurs du foie. Ces résultats très importants ont rapidement conduit au développement d'applications thérapeutiques. Les recherches du laboratoire  de Jessica Zucman-Rossi se focalisent sur l'identification de nouveaux gènes et voies de signalisation impliqués dans la tumorigénèse dans le foie, le rein et le mésothélium.

jessica.zucman-rossi@inserm.fr

  • 1994Docteur en médecine, spécialité Médecine Interne - Oncologie, Université Paris Diderot
  • 1994Doctorat de cancérogenèse, Université Paris Diderot
  • 1994Prix René Turpin pour la recherche sur le cancer, Institut de France
  • 1998Habilitation à diriger des recherches, Université Paris Diderot
  • 2004-2009Directrice de recherche 2ème classe, Inserm
  • Depuis 2007Directrice d’unité Génétique fonctionnelle des tumeurs solides, Inserm, Université Paris Descartes
  • 2008Trophée « Une équipe à l’honneur », Association pour la Recherche contre le Cancer
  • 2009Directrice de Recherche 1ère classe, Inserm
  • Depuis 2009 Professeur des Universités – Praticien Hospitalier, oncologie médicale, Hôpital Européen Georges Pompidou (HEGP), Université Paris Descartes
  • 2012Prix de recherche, Inserm
  • 2015Prix Charles Oberling de cancérologie
  • 2016Prix Coup d’élan pour la recherche française