En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

En savoir plus

X

Prix Coups d’élan pour la recherche française

  • Améliorer les infrastructures et les conditions de travail des chercheurs en sciences de la vie

    Le prix Coups d’élan pour la recherche française a été créé par la Fondation en 2000. En dix-huit ans, 62 laboratoires français et plus de 500 chercheurs ont bénéficié de ce prix.

    Il est attribué chaque année à quatre équipes de recherche biomédicale publique, relevant de l’Inserm et de l’Institut des sciences biologiques du CNRS.

    La dotation du prix est de 250 000 euros.

    ?>

Les lauréats

2017
Close Valérie Castellani

Développement du système nerveux : se repérer dans l'espace

A Lyon, l'équipe de Valérie Castellani interroge les mécanismes de topographie qui permettent aux cellules du système nerveux de s’organiser dans l’espace et d’acquérir des positions très précises. Elle étudie également comment ces repérages sont utilisés par les cellules cancéreuses pour se disséminer.

La rupture de la symétrie est une des toutes premières étapes du développement embryonnaire. Se forment alors des axes de polarité, le long desquels s’organise la formation des tissus. L'équipe de Valérie Castellani explore les mécanismes d’orientation spatiale au cours de la formation du système nerveux chez la souris. Le projet soutenu par la Fondation s'intéresse aux signaux de l’environnement qui fournissent des repères topographiques aux cellules nerveuses lors de leur division, de leur déplacement et lors de lors de la formation des nerfs. Les chercheurs exploreront également les repères topographiques dans le cadre du développement d'un cancer pédiatrique du système nerveux, le neuroblastome.

L'équipe de Valérie Castellani et l'Institut NeuroMyoGène auquel elle est rattachée va s'installer dans des locaux de la faculté de médecine Lyon Est, rénovés grâce au prix Coups d'élan.

 

?>
ValérieCastellani

Valérie Castellani dévoue sa carrière à la compréhension du développement du système nerveux. Durant son doctorat, elle découvre des mécanismes moléculaires par lesquels les neurones du cortex cérébral se connectent entre eux de façon très précise. Au cours de son post-doctorat, elle découvre de nouveaux co-récepteurs d’une famille de signaux environnementaux, les Sémaphorines, qui orientent dans l’espace la croissance des axones. 
Depuis son installation avec sa propre équipe, Valérie Castellani a continué ses recherches sur les signaux de topographie. Elle a caractérisé de nouveaux mécanismes qui modulent la réponse des axones à ces signaux au cours de leur navigation. Elle a notamment montré le rôle fondamental que joue ces régulations dans la construction des circuits commissuraux, qui interconnectent les parties gauche et droite du système nerveux. Plus récemment, elle a étudié les divisions des progéniteurs neuraux et montré que leur orientation dans l’espace est également régulée par des signaux topographiques. Enfin en étudiant un cancer pédiatrique du système nerveux, elle a établi que les signaux topographiques du développement sont exploités par les cellules cancéreuses pour se repérer et disséminer dans l’organisme. 
 

valerie.castellani@univ-lyon1.fr

  • 1998Doctorat de neurosciences, Laboratoire de Jurgen Bolz, Institut Inserm Cerveau et Vision, Université Claude Bernard Lyon 1
  • 1999Post-doctorat, laboratoire du Dr Geneviève Rougon, Institut de Biologie du Développement de Marseille Luminy
  • 2000-2003Chargée de recherche 2ère classe au CNRS, Institut de Biologie du Développement de Marseille Luminy
  • Depuis 2003Chef d'équipe « Neuro-développement, cancer et signalisation », Centre de génétique et de physiologie moléculaire et cellulaire, puis Institut NeuroMyoGène, Université Claude Bernard Lyon 1
  • 2004-2009Chargée de recherche 1ère classe au CNRS
  • 2006Habilitation à Diriger les Recherches en biologie, Université Claude Bernard Lyon 1
  • 2009-2014Directrice de recherche 2ème classe au CNRS
  • 2010ERC Consolidator grant (bourse du Conseil Européen de la Recherche)
  • Depuis 2014Directrice de recherche 1ère classe au CNRS
  • 2017Prix Coup d’élan pour la recherche française
Close Axel Innis

Lorsque les protéines bloquent leur propre synthèse

A Bordeaux, Axel Innis explore la structure des protéines bactériennes naissantes pour comprendre un mécanisme méconnu par lequel de courtes chaînes d'acides aminés bloquent leur propre production. La maîtrise de ce phénomène naturel permettra à terme de contrer les résistances bactériennes aux antibiotiques.

La progression rapide des multi-résistances aux antibiotiques menace la structure entière de notre système de santé. L'avènement imminent d'une ère post-antibiotique verrait de banales infections redevenir meurtrières et compromettrait la sécurité des opérations chirurgicales. 

L'équipe d'Axel Innis travaille avec des peptides d'arrêts. Ces chaînes d'acides aminés naturelles possèdent la remarquable faculté de bloquer la course du ribosome qui est en train de les produire. Le ribosome, complexe ribonucléoprotéique de taille importante, scanne l'ARN messager (ARNm) en le tenant en sandwich et en avançant dessus pas à pas. Un tunnel permet la sortie des protéines nouvellement synthétisées à partir du code de l'ARNm. Ce tunnel est visé par un grand nombre d’antibiotiques disponibles sur le marché. Les peptides d'arrêts le bloquent également, sur un champ d'action plus étendu, offrant autant de nouvelles possibilités d'inhibition des bactéries multi-résistantes.

 

Grâce au soutien de la Fondation, les chercheurs vont équiper leur laboratoire au sein de l'Institut européen de chimie et biologie de Bordeaux d'une infrastructure informatique qui leur permettra de déployer de puissantes approches de calcul et de stockage de données aussi bien pour l’analyse de de données structurales à haute résolution obtenues par cryo-microscopie électronique que pour l’analyse comparative de séquences génomiques. Ils étudieront ainsi en profondeur l’auto-inhibition de la synthèse protéique, avec pour horizon le développement de peptides antimicrobiens qui cibleront le ribosome bactérien.

 

?>
AxelInnis

Axel Innis étudie les systèmes vivants en interrogeant l'architecture de leurs composantes moléculaires (protéines et acides nucléiques). Doctorant à Cambridge, il parvient à définir en détails la structure d’un domaine de la follistatine, un inhibiteur d'un facteur de croissance. En parallèle, il réalise une étude in silico de l'évolution des facteurs de croissance et de leurs récepteurs. 

Après s'être encore aguerri en bio-informatique, compétence essentielle en biochimie structurale, lors d'un séjour de deux ans à Bangalore, il rejoint Yale, où il effectue de remarquables découvertes. Parmi elles, la première résolution précise en deçà du nanomètre de la structure d’un complexe formé par le ribosome bloqué sur une chaîne polypeptidique naissante. 

La cristallisation minutieuse et l’analyse par cryo-microscopie électronique de complexes ribosomaux associés au blocage de la traduction de l'ARNm sont toujours au cœur des recherches développées par sa jeune équipe de Bordeaux. Elle développe également de nouvelles méthodes à haut débit pour l’identification à grande échelle de peptides bloqueurs de ribosomes déployés pour réguler l'expression génétique chez les bactéries et les eucaryotes. La compréhension de ce mécanisme méconnu pourrait ouvrir de nouvelles portes dans la lutte contre les résistances bactériennes.

axel.innis@inserm.fr

 

  • 2004Doctorat de biologie structurale, sous la direction du Pr. Tom Blundell, Université de Cambridge, Royaume-Uni
  • 2002-2004Chercheur invité, équipe du Pr Ramanathan Sowdhamini, National Centre for Biological Sciences (NCBS–TIFR), Bangalore (Inde)
  • 2004-2012Post-doctorant puis chercheur junior, sous la direction du Pr Thomas Steitz, HHMI and Department of Molecular Biophysics and Biochemistry, Yale University, New Haven, Etats-Unis
  • Depuis 2013Chargé de recherche de 1ère classe à l’Inserm, chef d'équipe Régulation traductionnelle de l'expression des gènes, Institut européen de chimie et biologie, Pessac
  • 2016ERC Consolidator Grant
  • 2017Habilitation à diriger des recherches, Université de Bordeaux
  • 2017Prix Coups d’élan pour la recherche française
Close Marcelo Nollmann

Dévoiler le pourquoi de l'architecture des chromosomes, une cellule à la fois

A Montpellier, l'équipe de Marcelo Nollmann utilise une combinaison unique d'outils de microscopie pour révéler l'impact de l'architecture tridimensionnelle des chromosomes sur leurs fonctions et celles des cellules.

La manière dont l'ADN est organisé dans le noyau d'une cellule ne doit rien au hasard. On le trouve généralement sous forme de chromatine, associé aux histones, des protéines qui guident son repliement et régulent son expression.

L'équipe de Marcelo Nollmann explore la forme de la chromatine à différentes échelles, depuis le minuscule nucléosome, large d'une centaine de paires de bases, jusqu'au chromosome complet, en passant par les structures intermédiaires. Ces structures appelées domaines topologiques, semblent particulièrement importants pour la régulation de la transcription pendant les processus de développement et différenciation.

Le projet soutenu par la Fondation vise à découvrir des molécules et mécanismes impliqués dans l'établissement et la maintenance de l’architecture tridimensionnelle de la chromatine. L'interaction entre cette architecture et d'autres fonctions du noyau telles que la transcription sera également examinée. 

L'équipe va pour cela s'appuyer sur un large spectre des microscopies avancés à haute performance, installés dans des nouveaux locaux avec l'aide du prix Coup d'élan.

 

?>
MarceloNollmann

Marcelo Nollmann obtient un master en physique en Argentine, son pays natal, puis un autre en génétique moléculaire en Ecosse. Il associe ensuite ces deux compétences lors d'un doctorat en biophysique moléculaire qui s'intéresse aux relations structure-fonction de la résolvase Tn3, une enzyme de recombinaison génétique. Lorsqu'il arrive à Berkeley, il développe des approches de manipulation de molécules individuels, tels que les pinces magnétiques et optiques, pour découvrir les mécanismes de ségrégation d’ADN pendent la division cellulaire bactérienne et pour décortiquer les fonctions des topoisomérases, protéines impliquées dans le maintien de l'état topologique de l’ADN.
Depuis son installation à Montpellier, son équipe a développé des techniques novatrices de microscopie avancé pour la détection des molécules individuelles dans des cellules vivants.  Ces technologies de pointe ont permis un avancement important dans notre compréhension des diverses processus fondamentaux, comme l’organisation des génomes, la ségrégation des chromosomes pendant la division cellulaire prokaryote, ou la motilité bactérienne.

 

  • 2005Doctorat de biophysique moléculaire, University of Glasgow (Grande-Bretagne)
  • 2005-2008Post-doctorat, sous la direction des Pr Nick Cozzarelli, Carlos Bustamante et James Berger, University of California, Berkeley (Etats-Unis)
  • 2008Lauréat du programme Avenir, Inserm
  • Depuis 2008Chef d'équipe « Mécanismes de la ségrégation et du remodelage de l’ADN », Centre de biochimie structurale, Montpellier
  • 2009Prix pour le développement de carrière, Human Frontiers Science Foundation
  • 2010ERC Starting Grant (bourse du Conseil européen de la recherche)
  • 2016ERC Proof of the Concept et Consolidator Grant (bourses du Conseil européen de la recherche)
  • 2017Prix Coups d’élan pour la recherche française
Close Terence Strick

Voir le travail moléculaire en direct

L'équipe de Terence Strick déploie des techniques innovantes de manipulation de molécules uniques pour comprendre comment les cassures d'ADN sont réparées par des protéines.

Les progrès de la biophysique permettent aujourd'hui d'observer en temps réel le comportement de molécules individuelles. Comment elles se rencontrent, interagissent puis se séparent : une plongée dans les rouages intimes du vivant qui donne à comprendre une infinité de mécanismes.

Le projet de Terence Strick, pionnier de la manipulation de molécules uniques, vise à détailler les processus de la réparation de l'ADN. Cette fonction essentielle répond aux dommages effectués par des facteurs tels que les UV, les rayons X ou encore l'absorption de cancérogènes dans la fumée de cigarette. La réparation de l'ADN nécessite le travail simultané d'un grand nombre de protéines. Celles-ci ne sont pas en mesure de se rechercher activement les unes les autres et pourtant, la réparation est efficace. L'équipe de Terence Strick, utilisant des techniques novatrices permettant simultanément de manipuler et voir des molécules individuelles, étudiera l’assemblage, l’activité et le désassemblage des complexes de réparation qui s’organisent autour d'une cassure de l'ADN rendant possible sa réparation.

Avec le soutien de la Fondation, l'équipe va aménager ses nouveaux locaux au sein de l'Institut de biologie de l’Ecole Normale Supérieure (IBENS), installant notamment les isolations nécessaires à la pratique du piégeage magnétique, technique par laquelle on étire une molécule d'ADN attachée par un bout à une surface et par l'autre à une microbille magnétique.

 

?>
TerenceStrick

Terence Strick est encore étudiant en Master lorsqu'il invente une nouvelle manière d'étudier l'ADN. L'article fondateur qu'il publie dans Science, cité plus de 1000 fois depuis, décrit un nouvel instrument, le "piège magnétique", et un nouvel angle d'approche des interactions protéines-ADN, la torsion et le superenroulement d'une molécule unique d'ADN. Durant son doctorat, il décrit l'activité de l'enzyme topoisomérase II sur une molécule d'ADN unique, mécaniquement étirée et enroulée. Post-doctorant indépendant à la tête d'un petit laboratoire, il se concentre sur la régulation génétique et la structure des chromosomes. Peu après son retour en France, il montre comment l'ARN polymérase parvient à se détacher de l'ADN du promoteur pour commencer la transcription à proprement parler - un exemple de régulation mécanique de l'expression génétique. Les nouvelles technologies de manipulation et d'imagerie des molécules individuelles qu'il développe avec son équipe sont utilisées pour révéler des voies de réparation de l'ADN toujours plus complexes.

strick@biologie.ens.fr

  • 1999Doctorat de biologie cellulaire et moléculaire, Université Pierre et Marie Curie
  • 2000-2004Post-doc indépendant à la tête d'une équipe au Cold Spring Harbor Laboratory, Cold Spring Harbor, Etats-Unis
  • 2004-2016Chef d'équipe Nanomanipulation des molécules, Institut Jacques Monod, Paris
  • 2004-2016Chargé de recherche puis directeur de recherche au CNRS
  • 2008Habilitation à diriger des recherches en régulation génétique, Université Paris Diderot
  • 2008European Young Investigator Award (EURYI), European Science Foundation
  • 2013Prime d'excellence scientifique, CNRS
  • Depuis 2016Professeur de 1ère classe, Ecole normale supérieure, Paris, chef d’équipe à l’Institut de biologie de l’ENS (IBENS)
  • 2017Prix Coups d’élan pour la recherche française