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Dotation du programme ATIP-Avenir

  • Créer de nouvelles équipes de recherche

    Depuis 2005, la Fondation Bettencourt Schueller est partenaire du programme Avenir de l’Inserm. En 2009, le programme Avenir a fusionné avec le programme ATIP de l’INSB du CNRS. La Fondation soutient depuis le programme ATIP-Avenir qui favorise le retour ou l’installation en France de jeunes chercheurs de très haut niveau, porteurs d’un projet de recherche de qualité exceptionnelle, et désireux de créer leur propre équipe.

    Le programme ATIP-Avenir est aujourd’hui un label d’excellence reconnu et un tremplin pour l’obtention d’autres financements. 

    Le montant de la dotation s’élève à 300 000 euros.

Les lauréats

2021
Close Mathilde Guzzo Chercheuse en microbiologie dans l'unité de recherche Molecular Microbiology and Structural Biochemistry à l’Institut de Biologie et de Chimie des Protéines - Lyon, France.

L’art et la manière de réveiller et rendormir des bactéries

Tous les organismes perçoivent leur environnement et y répondent en mettant en place des stratégies adaptées pour survivre. Ainsi, lorsque des bactéries pathogènes infectent un hôte, elles sont confrontées à un nouvel environnement qui entraîne des changements dans leur fonctionnement, comme le fait de devenir dormantes. Cela signifie qu'elles ne se divisent pas et ne génèrent donc pas de nouvelles bactéries. Le problème des bactéries dormantes est qu'elles sont plus difficiles à éliminer par des traitements antibiotiques et peuvent provoquer des maladies chroniques ou des infections récurrentes.

L'un des signaux qui favorisent le passage de l'état dormant à l'état de division chez les bactéries peut être la disponibilité en nutriments. Lorsque les nutriments sont rares, les bactéries cessent de se diviser. Si les conditions redeviennent favorables et avant de recommencer à se diviser, les bactéries dormantes se transforment afin d'être préparées à la division, c’est ce que l'on appelle la différenciation.

Le projet de recherche que Mathilde Guzzo mettra en œuvre dans son laboratoire vise à comprendre comment la division et la différenciation des bactéries sont coordonnées dans le temps et l'espace dans la cellule, et comment les changements dans l'environnement impactent ou modulent les "décisions" des bactéries. Cette étude sera réalisée sur une bactérie non pathogène qui vit dans les rivières appelée Caulobacter crescentus, que Mathilde Guzzo a rencontrée et étudiée pendant son séjour post-doctoral aux Etats-Unis. Lorsqu'elle se divise, cette bactérie a la particularité de produire deux cellules filles très différentes : une cellule qui reste immobile, fixée par une sorte de pied, et une cellule équipée d'un flagelle (turbine) qui lui permet d'être mobile et d'explorer l'environnement, à la recherche de nutriments par exemple. Chez Caulobacter, seule la cellule immobile peut se diviser et la cellule mobile doit se différencier en cellule immobile pour se diviser à son tour.

Mathilde Guzzo étudiera les mécanismes cellulaires qui orchestrent la transition entre les différents modes de vie de Caulobacter et dans un second temps dans ceux d’une bactérie cousine mais pathogène, Brucella abortus, responsable de la brucellose chez l'homme et l'animal. Ces travaux sur la transition entre les différents états de division des bactéries en réponse aux changements environnementaux est essentielle pour la découverte de nouveaux moyens de lutte contre les infections bactériennes.

 

Mathilde Guzzo

Mathilde Guzzo est ingénieur en biochimie et biotechnologie. Depuis 2008, et depuis son premier stage dans un laboratoire de recherche, elle étudie les bactéries dans différents contextes : l'étude de leurs moyens de locomotion, le développement de tests adaptés pour les détecter, l'industrie vinicole et alimentaire, et la production de polymères. Au cours de sa thèse dans le laboratoire de Tâm Mignot à Marseille, Mathilde Guzzo se penche sur les mécanismes cellulaires qui permettent à la bactérie Myxococcus xanthus de changer de direction lorsqu'elle se déplace. Pendant son séjour post-doctoral au MIT (Etats-Unis) elle s’est intéressée aux mécanismes cellulaires qui régissent un autre aspect de la vie des bactéries : la division cellulaire, qui est assez singulière chez la bactérie Caulobacter crescentus.

La dotation du programme ATIP-Avenir permettra à cette chercheuse de créer son équipe à Lyon, dans l'unité de recherche Molecular Microbiology and Structural Biochemistry, pilotée par le CNRS et l'Université de Lyon. Son projet de recherche contribuera à la compréhension des mécanismes de transition entre les différents états des bactéries (dormant, différencié, en division), et l'influence des signaux environnementaux, tels que la disponibilité des nutriments, pour favoriser la transition entre ces états.

  • 2015Doctorat en microbiologie à l’Université Aix-Marseille, France
  • 2016Post-doctorat dans le laboratoire de Michael Laub au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Cambridge, Etats-Unis
  • 2017Bourse post-doctorale, Human Frontier Science Program (HFSP)
  • 2021Dotation du programme ATIP-Avenir, Fondation Bettencourt Schueller