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Jeunes médecins-chercheurs : le temps retrouvé

L’Inserm et la Fondation Bettencourt Schueller renforcent leur engagement commun pour consolider les liens médecine-recherche grâce à la création d’un nouveau contrat de clinicien à temps de recherche protégé, le CCA Inserm Bettencourt.

RENFORCER LE LIEN CLINIQUE-RECHERCHE

Les jeunes médecins et pharmaciens titulaires d’une thèse de sciences sont promis à de grandes contributions théoriques et cliniques. Malheureusement, il leur faut généralement attendre plusieurs années après la fin de l’internat pour être recrutés à un poste hospitalo-universitaire qui leur permettra d’allier concrètement soins et recherche scientifique. Avant cela, les contraintes de l’hôpital, parmi lesquelles les charges cliniques et l’encadrement des internes, externes et étudiants de premier cycle, ne leur laissent pas l’opportunité de conserver une pratique réelle de la recherche.

Devant cette réalité des recrutements, l’Inserm et la Fondation Bettencourt Schueller créent un nouveau contrat qui s’inscrit dans la suite logique de leur engagement initié en 2007 avec le cursus médecine-sciences de l’Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt. Nommé CCA Inserm Bettencourt, ce contrat de chef de clinique des universités-assistant des hôpitaux permettra à ses titulaires de réaliser leur potentiel scientifique, grâce à un temps de recherche protégé et à une pratique clinique réduite à mi-temps. Cette nouvelle dimension de l’alliance entre l’Inserm et la Fondation confirme que l’investissement dans la formation précoce des médecins à la recherche portera ses fruits. Effectivement insérés dans le tissu hospitalo-universitaire, les jeunes doubles diplômés approfondiront leurs compétences dans leur spécialité médicale de prédilection tout en apprenant à réaliser indépendamment leurs projets de recherche. Agissant comme une véritable passerelle, l'expérience de CCA Inserm Bettencourt leur donnera les clés pour accéder, au terme de leur clinicat, aux postes statutaires hospitalo-universitaires au sein desquels ils continueront à exercer leur double vocation tout en contribuant à déployer le réseau de la recherche biomédicale française d'excellence.  

UN EFFORT PIONNIER

Si le CCA Inserm Bettencourt concerne un nombre restreint de jeunes médecins et pharmaciens - ils sont cette année quatre médecins-chercheurs, engagés pour une durée maximale de quatre ans - il est projeté que ce statut fera des émules, à l’instar de l’Ecole de l’Inserm. Cette toute première école médecine-sciences de France en a en effet inspiré bien d’autres depuis sa création, notamment à Paris, Strasbourg et Lyon.

L’Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt avait d’abord été conçue avec l’idée de lutter contre la démédicalisation progressive de l’Inserm, qui depuis les années 1980 voyait sa proportion de médecins chuter vertigineusement. La contiguïté entre clinique et recherche est pourtant essentielle au progrès thérapeutique, tant la proximité avec les patients inspire, promeut et accélère la recherche translationnelle, celle qui apporte les innovations des laboratoires aux chevets des malades.

QUATRE SPECIALISTES, QUATRE DOMAINES D’INNOVATION

Retenus pour la qualité de leur parcours et de leur projet scientifique, les quatre premiers CCA Inserm Bettencourt explorent les domaines de l’oncologie, de la neurologie, de l’immunologie et de la néphrologie.

Sarah Watson va poursuivre à l’Institut Curie ses travaux de thèse, qui lui ont permis d’identifier et caractériser de nouvelles anomalies moléculaires récurrentes dans plus de 200 sarcomes pour lesquels aucun diagnostic précis n’avait pu être établi. Ces tumeurs malignes rares, dont l’hétérogénéité biologique complexifie la prise en charge, seront également au cœur de sa pratique auprès des patients du service d’oncologie médicale de l’Institut Curie. 

Vincent Planche, ancien élève de l’Ecole de l’Inserm Liliane Bettencourt, a réalisé lors d’une interruption de l’internat une thèse de sciences portant sur les troubles mnésiques précoces dans la sclérose en plaques. Au sein de l’Institut des Maladies Neurodégénératives de Bordeaux il explorera la propagation des prions Tau dans la maladie d’Alzheimer. Côté hôpital, il travaillera auprès des patients du Centre mémoire de ressources et de recherche du CHU de Bordeaux.

Romain Levy achève actuellement une thèse de sciences au cours de laquelle il a identifié des facteurs génétiques héréditaires prédisposant des individus par ailleurs sains à des infections sérieuses par des pathogènes très communs. Au sein de l’institut des maladies génétiques parisien Imagine, son projet en tant que CCA Inserm Bettencourt va poursuivre sur cette voie. Ses activités d’immunologiste prendront place au sein du service d’immunologie-hématologie-pédiatriques de l’Hôpital Necker-Enfants malades.

Olivier Aubert, formé à la collecte et à l’analyse de données scientifiques, veut faire rentrer la transplantation rénale dans l’ère de la médecine personnalisée. Il développera des outils pronostiques analysant des dizaines de milliers de caractéristiques génétiques et métaboliques pour prévenir le rejet de greffe. Le projet sera réalisé au Paris Centre de recherche cardiovasculaire et ses patients se trouveront au sein du service de transplantation rénale adulte de l’Hôpital Necker.