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L’excellence du chant choral, l’intelligence de la main : un patrimoine vivant essentiel à préserver

 

La crise sanitaire a provoqué un violent coup d’arrêt dans le monde des arts et du spectacle. Fidèle aux artisans d’art et aux chœurs professionnels qu’elle soutient depuis deux et trois décennies respectivement, la Fondation Bettencourt Schueller est à l’écoute de ces secteurs impactés et privés de visibilité sur les possibilités d’une relance.

 

Les contacts permanents depuis le début de la crise avec les artisans d’art, les créateurs, les chanteurs professionnels ou les organisations soutenues par la Fondation ainsi qu’avec les différents acteurs de ces secteurs permettent progressivement de mieux cerner les problèmes posés par une situation sans précédent ni équivalent. L’engagement de la Fondation pour le chant choral, depuis plus de 30 ans, repose d’abord sur la beauté et la valeur de cette pratique artistique. Le chant choral offre un chemin d’épanouissement personnel à travers le collectif ; et il unit les groupes. D’une certaine façon, il unit la grâce et la vertu, le beau et le bon.

Pour faire en sorte que le chant choral retrouve une place plus grande, qu’il soit à la fois plus pratiqué et plus écouté, trois projets d’établissements culturels sont d’abord soutenus par la Fondation Bettencourt Schueller : l’Académie de l’Opéra de Paris, la Maîtrise populaire de l’Opéra Comique et le projet EVE de la Philharmonie de Paris. Déjà profondément perturbées par la réforme des retraites, ces trois institutions subissent la pandémie comme une véritable catastrophe. Pour ces établissements comme pour tous les acteurs de la filière chorale, l’interdiction des rassemblements, l’annulation des contrats, la distanciation exigée par les impératifs sanitaires, le port du masque en passe de devenir obligatoire, l’absence de visibilité sur les conditions du déconfinement se conjuguent pour boucher l’avenir.

Le partage gratuit du répertoire en ligne, les pastilles vidéo, les initiatives révélatrices de vitalité sur les réseaux sociaux ont permis d’entretenir la vie artistique des ensembles, de garder un lien avec le public, de montrer que la musique aussi partage le sort des confinés. Même sans public physiquement présent. C’est beau, et bienfaisant, cela touche aussi un nouveau public, qui n’aurait pas les moyens, l’idée, ou le temps de se rendre à l’Opéra de Paris ou à la Philharmonie. Mais si la musique est vitale pour la société, son économie est fragile. Et les questions sont nombreuses : les salles de spectacle rouvriront-elles un jour ? Faut-il reprogrammer ce qui a été annulé, maintenir les prochains spectacles ? Le public osera-t-il reprendre le chemin des salles ? Comment relancer une offre qui trouve de nouveau son public ? En attendant les réponses, les pertes se creusent…

La Fondation Bettencourt Schueller perçoit bien l’urgence de la situation pour la filière du chant choral et la nécessité d’une réaction « de place », afin de préserver une pratique fondatrice pour la culture musicale. Les artistes des ensembles choraux soutenus par la Fondation sont généralement des intermittents du spectacle qui se retrouvent du jour au lendemain sans travail, sans cachets.  Les dirigeants des ensembles professionnels qui les emploient sont eux aussi dans une situation difficile. A la tête d’associations de culture entrepreneuriale, ils subissent les annulations de contrat et voient leurs ressources se raréfier, surtout s’ils avaient fait le choix de ne pas trop dépendre des subventions publiques. Les dépenses de production exposées et l’absence de ressources propres menacent directement leur trésorerie, sans visibilité sur l’avenir. Des ensembles sont menacés. Combien de temps vont-ils pouvoir tenir ?

Les dispositifs publics se mettent en place, pour le soutien des artistes comme pour l’aide à la filière musicale. En complément de ces aides nationales ou régionales, dans la mesure de ses moyens, la Fondation restera attentive aux situations les plus critiques que pourraient rencontrer les chœurs lauréats de son Prix pour le chant choral, pour essayer d’y répondre au mieux.

La situation n’est pas très différente pour les artisans d’art. Bien qu’on ne puisse pas généraliser, un très grand nombre d’artisans d’art sont impactés par la crise économique. Certains ne peuvent plus travailler. Ceux qui habitent loin de leur atelier ne peuvent plus s’y rendre. D’autres qui habitent près de leur atelier voient leur travail conditionné par les difficultés d’approvisionnement de matières premières. Des commandes sont annulées ou reportées, ce qui réduit les revenus. S’ils continuent malgré tout à travailler, c’est de façon ralentie. Le cycle du travail des artisans d’art est plus long. L’activité, même ralentie, reprendra lentement après le déconfinement. La production qui ne trouverait pas preneur dans l’immédiat n’est pas perdue. Les difficultés arriveront peut-être dans les mois à venir et pourraient être plus durables.

Là encore, les aides se mettent en place, dans le cadre des soutiens généraux mis en œuvre pour les entreprises ou de mesures sectorielles pensées par les différents niveaux de collectivités publiques. Dans ce contexte, la réforme annoncée de l’Institut national des métiers d’art qui se rapproche des Entreprises du patrimoine vivant, enrichira l’expertise de cette association mise en place par les ministères de la Culture et de l’Economie et renforcera sa capacité de mise en œuvre des solutions les plus appropriées, à une échelle adaptée à l’intégralité du secteur.

L’équipe de la Fondation est en permanence à l’écoute des lauréats du Prix pour l’intelligence de la main®, entretient le lien avec les nouveaux dirigeants de la future Agence française des métiers d’art et du patrimoine vivant, s’efforce de comprendre en profondeur l’impact de la crise sur la vie et la pratique des artisans d’art. C’est ce qui l’a conduite à repousser jusqu’au 16 septembre la date-limite de remise des candidatures à l’édition 2020 du Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main®, ainsi maintenu dans un calendrier aménagé.

C’est dans cette esprit aussi qu’elle recherche les modalités les plus pertinentes d’une contribution à la relance du secteur qui corresponde au mandat d’une fondation privée d’intérêt public, fidèle à ses engagements, attachée à une vision de long terme et toujours prête à accompagner les inflexions fécondes.

 

© Diane Arques / Adagp, 2019 pour la Fondation Bettencourt Schueller.