En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies destinés à améliorer la performance de ce site et à vous proposer des services et contenus personnalisés.

En savoir plus

X

Des jeunes à Versailles : le nouvel espace « Art & Education »

Engagée à la fois pour les métiers d’art et pour la jeunesse, la Fondation Bettencourt Schueller soutient le château de Versailles pour la mise en œuvre d'ateliers pédagogiques destinés aux enfants et aux personnes peu familières des institutions culturelles. Inaugurés en novembre 2018, ils suscitent déjà une vive adhésion de la part des visiteurs. Rencontre avec Catherine Pégard, présidente du château, du musée et du domaine de Versailles.

Entretien avec CATHERINE pÉGARD, présidentE du CHÂTEAU DE VERSAILLES

Dans quelles circonstances êtes-vous entrée en contact avec la Fondation Bettencourt Schueller ?

Catherine Pégard : Nous sommes depuis longtemps très attentifs aux actions menées par la Fondation Bettencourt Schueller dans le domaine de la transmission des savoirs au sens le plus large, ainsi qu'à ses initiatives en faveur de la préservation de certains métiers d’art. J’ai eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises les dirigeants de la Fondation. Nous cherchions un projet commun susceptible d’entrer dans leur vision et qui permettrait aussi de répondre à des besoins spécifiques rencontrés par le château de Versailles. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés autour du projet d'un nouvel espace « Art & Education », destiné essentiellement aux enfants et, plus largement, aux familles et aux publics éloignés des musées.

Comment ce projet d'ateliers pédagogiques s'incarne t-il ?

Catherine Pégard : Dès le départ, la Fondation souhaitait un projet autour de l’éducation. Au fil de nos discussions, cette initiative s’est imposée : mettre en œuvre des ateliers dont nous avions un réel besoin – les nôtres étant désuets. Nous souhaitions en effet pouvoir mettre à disposition un lieu agréable où pourraient se tenir des ateliers modernes et adaptés aux jeunes. Le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller nous a permis de mener ce projet à bien. 
Désormais, nous disposons de quatre salles d’une superficie totale de 270 mètres carrés, quatre fois plus d’espace que jusqu'alors. Ces ateliers étaient pour nous une nécessité, presque une urgence. Il n’était guère compréhensible qu’un grand lieu culturel comme le château de Versailles ne puisse pas offrir d’espaces dignes de ce nom à l’accueil d’enfants. Ces pièces nouvellement aménagées peuvent accueillir simultanément 120 personnes. Nous avons désormais deux salles consacrées aux ateliers plastiques, travaux manuels et activités numériques, une salle d’expression corporelle (danse, théâtre, musique...) et une salle de formation. Concrètement, après une visite commentée du château, des jardins, et des œuvres qui y sont abritées, le médiateur et son groupe rejoignent les ateliers où les enfants passent à la pratique ! La durée de cette immersion étant de deux heures, elle renouvelle le regard sur le château de Versailles, son histoire, ses trésors… un lieu où tout est métiers d’art !

Ce projet consolide l'accès au musée et favorise les liens avec les associations proches de personnes peu familières de l'offre culturelle. Quelle est la vision du château de Versailles dans ce domaine ?

Catherine Pégard : La mission du château de Versailles, comme de tout grand établissement culturel, est de s’ouvrir à tous les publics. Nous ressentions la nécessité de développer nos actions de manière plus ciblée. C’est ainsi que cette initiative prend toute sa place dans un programme beaucoup plus large, mis en œuvre à destination des familles, des jeunes, des personnes en situation de handicap ou de ceux qui n’ont pas un accès évident aux lieux culturels.

Pourquoi avoir installé ces ateliers au sein même du château ?

Catherine Pégard : C’est là toute l’originalité du projet : faire en sorte que ceux qui viennent à Versailles aient une véritable expérience du château, avant de découvrir les métiers (dorure, ébénisterie, tissus…) dans les ateliers. Visiter le château d’abord, c’est se familiariser avec les lieux, en prendre possession, nourrir son propre imaginaire. J’ai pu observer personnellement que, lors de ces ateliers, les enfants se montrent plus appliqués, plus intéressés sans doute, car ils avaient préalablement vu résultat de ce qu’ils étudiaient. Dans un atelier sur la dorure, j’ai vu des enfants réaliser des modèles en plâtre qu’ils ont ensuite dorés à l’image de ce qu’ils avaient identifié dans le parcours de visite : boiseries peintes, dorures sur certains meubles... ils se sont donc familiarisés avec des techniques artistiques et des œuvres qu’ils ne connaissaient sans doute pas le jour d’avant. De la même façon, dans un atelier de danse, tous n’ont pas eu l’expérience de la musique baroque et de ses codes mais, au cours de la visite du château, lorsque le médiateur leur apprend qu’il était d’usage de faire trois pas de danse dans telle pièce ou comment se faisait la révérence devant le lit du Roi, l’univers de Versailles devient plus concret. Notre offre est complète : elle rassemble à la fois une expérience personnelle des lieux, des atmosphères, des objets, des meubles, des tissus, des œuvres, des métiers, l’ensemble consolidé par les commentaires des médiateurs.

Comment ce nouveau dispositif s'inscrit-il dans votre programmation ? Quel est l'objectif global de fréquentation ? 

Catherine Pégard : Depuis l’ouverture des ateliers en novembre 2018, 1 000 personnes sont venues participer à des ateliers. Comme la communication ne fait que commencer, c’est un très beau résultat. A l’origine, notre but était de programmer une centaine d’ateliers par mois mais le point crucial est surtout leur inscription dans un programme global à destination des enfants. Ainsi le lundi, jour de fermeture du musée, réservé à la visite des groupes scolaires, il va de soi que ces ateliers sont un atout supplémentaire. Ce jour-là, l’expérience est unique : les jeunes sont seuls dans le château ; En effet nous leur proposons une visite privilégiée – ils sont seuls dans le château – encore renforcée par l’expérience extrêmement riche des ateliers.

Un  dernier mot ?

Catherine Pégard : Cette initiative est un succès. Tous ceux qui ont visité ces ateliers les trouvent réussis. Ils sont beaux. Ils sont conformes à ce qu’on est en droit d’attendre d’un atelier pédagogique pour les enfants d’aujourd’hui. Nous nous devons de nous adapter aux demandes des enseignants, des enfants et des médiateurs. Le bonheur des enfants d’Espérance Banlieues, qui sont venus participer à des ateliers au château, est une réussite inoubliable.

 

  • 1/15

    © Christian Milet

  • 2/15

    © Didier Saulnier

  • 3/15

    © Christian Milet

  • 4/15

    © Didier Saulnier

  • 5/15

    © Didier Saulnier

  • 6/15

    © Didier Saulnier

  • 7/15

    © Christian Milet

  • 8/15

    © Christian Milet

  • 9/15

    © Christian Milet

  • 10/15

    © Didier Saulnier

  • 11/15

    © Didier Saulnier

  • 12/15

    © Christian Milet

  • 13/15

    © Didier Saulnier

  • 14/15

    © Didier Saulnier

  • 15/15