Avec la villa Kujoyama et la villa Albertine…

La Fondation renforce la visibilité des métiers d’art à l’étranger

 

La Fondation annonçait, en septembre dernier, son soutien à la Villa Albertine - la toute nouvelle résidence à l’étranger inaugurée aux Etats-Unis. Cette décision réaffirme concrètement sa volonté d’ouvrir au monde les métiers d’art français en multipliant les liens artistiques, culturels et commerciaux. Récit d’un engagement pionnier initié voilà huit ans déjà, sur les hauteurs de la ville de Kyoto.

 

Révéler la noblesse des métiers d’art, accompagner les artisans dans leur recherche d’excellence, les aider à développer leur entreprise en favorisant leur accès à tous les marchés… La Fondation Bettencourt Schueller s’est engagée en 1999 dans cette mission fondatrice qu’elle enrichit inlassablement de nouveaux projets. En 2014, elle a choisi de lui donner une dimension internationale, devenant le mécène exclusif de la villa Kujoyama qui s’est alors ouverte aux métiers d’art. Née en 1992 et posée sur les hauteurs de Kyoto, cette « villa Médicis » nippone accueille chaque année en résidence 20 artistes français et, désormais, 3 artisans d’art. D’une durée de 4 à 6 mois, leur séjour vient répondre à des objectifs précis... S’enrichir des savoir-faire locaux et tisser un dialogue franco-japonais pérenne, le tout dans une ville qui demeure la source de toutes les pratiques créatives et artistiques depuis le XIVème siècle.

 

Un dialogue avec les meilleurs artisans japonais

Et l’expérience se révèle pour tous extraordinaire... Il y a d’abord l’atmosphère unique de cette villa, posée à l’écart du monde sur le mont Higashiyama. Il y a ensuite le dialogue ininterrompu avec des artistes locaux, des enseignants d’écoles d’art et surtout des maîtres d’art d’exception, ces fameux « trésors vivants » japonais. Tout au long de leur résidence, les artisans nourrissent leur inspiration et leur savoir-faire de ces échanges. La doreuse Manuel Paul Cavalier a suivi des cours de calligraphie avec un maître du Pavillon d’Argent (l’un des temples sacrés de la ville), apprenant à traduire chaque jour une émotion d’un seul mouvement de pinceau. La styliste-plasticienne Aurore Thibout a collaboré avec les maitres du Katazome et du Yuzen pour s’enrichir des techniques de teintures sur soie végétale et d’impression à la pâte de riz. Le designer François Azambourg y a mené une réflexion sur la matière en travaillant sur l’usage fait, par les Japonais, des copeaux produits par les menuisiers et les charpentiers.

 

Un programme post-résidence ambitieux

Si la Fondation n’impose aucune contrainte de production, la plupart des artisans réalisent, durant leur séjour, une ou plusieurs œuvres qui témoignent de cette transmission. Manuel Paul Cavalier a exposé au musée Hakusaronso de Kyoto une série de peintures baptisée Eloge de l’ombre. Aurore Thibout a créé sur place la collection Artisanales femme, vendue avec un vrai succès dans les concept-stores les plus pointus d’Osaka et Tokyo. Quant aux œuvres de François Azambourg, elles sont désormais intégrées aux prestigieuses collections design du Centre Pompidou. Mais l’expérience va souvent plus loin encore, jusqu’à donner un nouvel élan à la création. Ce fut le cas pour l’artiste joaillier Karl Mazlo - lauréat 2021 du Prix pour l’intelligence de la main de la Fondation - avec Black Garden. S’écartant du traditionnel usage des pierres précieuses, cette œuvre prend la forme d’un bijou-sculpture avec, pour principal matériau, un acier damassé… dont Karl Mazlo a appris les techniques japonaises de forge lors de sa résidence en 2016.  Soucieuse d’aider les artisans à tirer le meilleur parti de leur séjour, la Fondation a mis en place un programme d’accompagnement post-résidence personnalisé, soutenant les projets en lien avec les recherches menées à la villa et mettant en relation artisans, institutions et marchés.

 

Et aujourd’hui… les Etats-Unis.

Fort de ce succès japonais, la Fondation Bettencourt Schueller décide d’amplifier son action en accompagnant cette fois la Villa Albertine, l’institution culturelle française tout juste inaugurée aux Etats-Unis. Pensée de façon contemporaine, cette villa réinvente le concept de résidence en intégrant notamment les spécificités du pays investi. Elle délaisse ainsi le modèle d’une seule villa dans un seul lieu puisqu’elle réunit dix villes et affiche la volonté de nouer des liens artistiques, culturels et commerciaux. Cette dimension économique a participé à l’adhésion de la Fondation qui soutiendra le projet jusqu’en 2027, en l’ouvrant aux métiers d’art. Là encore, l’objectif est clair : renforcer la visibilité des artisans français et leur permettre de rencontrer les grands acteurs du marché américain, l’un des plus influents au monde. Totalement investie dans l’initiative, la Fondation a déjà participé à la sélection de trois premiers résidents pour le second semestre 2021. L’ébéniste Stéphane Leprizé, lauréat du Prix pour l’intelligence de la main en 2017, rejoindra New York et la manufacture Industry City qui abrite l’un des collectifs les plus dynamiques de créateurs et de start-up. Le designer Robin Bourgeois poursuivra ses recherches sur les objets modestes dans cette même manufacture tandis que le designer Dimitri Hlinka s’installera à Miami pour collaborer avec des acteurs locaux autour de ses recherches mécaniques et fonctionnelles sur la matière.

 

Un nouvel axe Paris- New York-Tokyo.

Désormais présente au Japon et Etats-Unis, la Fondation entend exploiter ce déploiement en bâtissant un grand axe culturel et économique autour des trois villes, et des trois pays. Dans cet esprit, elle vient d’annoncer le renouvellement de son soutien à la Villa Kujoyama en 2022 pour un nouveau cycle de cinq ans et la création d’un nouveau type de résidence baptisé Rebonds, permettant à des artisans de poursuivre leur projet aux Etats-Unis après un séjour japonais. Une façon concrète de renforcer l’aura des métiers d’art français sur les marchés étrangers, et le développement de nos entreprises à l’international.