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Avec l’Îlot, accompagner la sortie de prison

Depuis quelques mois, la Fondation Bettencourt Schueller a engagé un nouveau soutien : elle accompagne l’Îlot, une association, qui héberge, accompagne et forme des personnes très isolées, notamment lorsqu’elles sortent de prison ou sont en aménagement de peine pour favoriser leur réinsertion. Explications.

Parce qu’ils n’ont plus ni famille ni amis, les hommes et femmes qui sortent de prison sont confrontés à des situations de grande détresse sociale. Comment retrouver une place dans la société ? A qui s’adresser pour obtenir une formation, un emploi, un logement ? Les sujets sont vastes et complexes. C’est pourquoi l’Îlot a choisi de se concentrer sur l’hébergement et l ‘emploi.

 

1 200 personnes accueillies chaque année

Créé en 1969, l’Îlot intervient aujourd’hui dans la Somme, à Paris et en région parisienne. « Le centre parisien, dans le 11ème arrondissement, accueille spécifiquement des hommes, dont des détenus placés sous surveillance électronique, » explique Jean-François Bellissen, vice-président de l’association. « Celui de Vincennes est destiné aux couples sans enfant. Enfin à Villiers sur Marne, une vingtaine de femmes peuvent être hébergées. Chaque année, 1 200 personnes passent une nuit ou plusieurs mois dans nos centres en fonction des situations ». La sortie de prison est généralement préparée avec les services pénitentiaires d’insertion et de probation (SPIP). Un contrat d’objectifs est signé avec la personne accueillie. « Elle s’engage durant ces six mois à refaire ses papiers, trouver un logement, chercher un emploi », ajoute Jean-François Bellissen. « Notre rôle est bien sûr de l’accompagner et de l’aider à retrouver goût à la vie ».

 

Une équipe professionnalisée

Peu de bénévoles, une trentaine, interviennent dans la structure. Les membres de conseil d'administration ont chacun une mission spécifique pour agir efficacement en faveur de l'association. « Nous avons fait le choix d’une équipe salariée, une centaine de personnes, commente Jean-François Bellissen. 80 % sont des travailleurs sociaux et conseillers d’insertion, dont le rôle est capital ». D’autres associations peuvent toutefois et en fonction des lieux intervenir ponctuellement. C’est le cas notamment de Solidarités Nouvelles face au Chômage (SNC), présente une fois par semaine dans le centre parisien, ou d’associations culturelles qui proposent des opérations théâtrales…

Des soutiens multiples

Chaque personne hébergée participe financièrement aux frais de la structure. Cela représente 2 à 3 % du budget global, mais c’est essentiel pour favoriser l’implication. L’association bénéficie aussi de subventions publiques (65 % de son budget) et de dons de particuliers (ils représentent pas moins de 11 000 donateurs individuels). De nombreux besoins sont aussi couverts par des mécènes privés, dont la Fondation Bettencourt Schueller. On peut noter enfin que 6 à 7 % des ressources émanent de ses chantiers et ateliers d’insertion. L’Îlot a en effet développé trois pôles d’activités : un garage automobile qui effectue des lavages et des révisions, un atelier de menuiserie qui remet des meubles en état, et un service de restauration collective/traiteur pour les salariés travaillant alentour. Les trois ateliers d’insertion accueillent une cinquantaine d’hommes et de femmes, encadrés par des professionnels et des bénévoles qualifiés. En travaillant, ils préparent leur retour à l’emploi. « L’atelier de restauration par exemple permet de nourrir tous les centres d’hébergement » indique Jean-François Bellissen.

 

Une formation diplômantE

A Paris, Aubervilliers et Amiens, l’association propose aux jeunes de suivre une formation qualifiante d'agent de restauration collective. Elle leur permet d’obtenir un diplôme reconnu après quelques mois de formation et un stage en entreprise. En effet, 60 % des jeunes réussissent l’examen et trouvent un emploi dans l’année qui suit. Cet « Atelier Qualification-Insertion » est un dispositif novateur qui fonctionne sous statut dérogatoire d’ACI. « Nous sommes fiers d’accueillir en 2016 notre 7ème promotion parisienne, la 5ème pour Aubervilliers et la seconde à Amiens », ajoute Jean-François Bellissen

L’association, consciente de l’efficacité de son dispositif, continue de développer des projets. C’est ainsi qu’elle envisage de s’implanter à Perpignan et dans le Var. Elle souhaite y créer des ateliers de qualification et d’insertion mixtes pour accueillir conjointement des salariés sortant de prison et des personnes sans casier judiciaire. Mais pas question de s’engager sur cette voie sans garantir la pérennisation des emplois. L’heure est donc aujourd’hui à l’évaluation. Un chantier à suivre.