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Interview de Philippe Oddou, directeur général de Sport dans la Ville

Le sport comme outil d’inclusion sociale.

Sport dans la Ville utilise le sport pour transmettre aux jeunes de quartiers sensibles des repères et des valeurs dans le but de favoriser leur insertion sociale et professionnelle. Questions à Philippe Oddou, co-fondateur et directeur général de Sport dans la Ville.

Pourquoi avoir créé Sport dans la Ville ?

Philippe Oddou : A la fin des années 1990, Nicholas Eschermann et moi-même étions engagés bénévolement dans une association portée par Yannick Noah. Elle proposait aux jeunes de quartiers sensibles de pratiquer une activité sportive, à savoir le tennis. Nous nous sommes rendus compte que ces jeunes, qui vivaient dans des situations de grand isolement et d’exclusion sociale et professionnelle, étaient demandeurs de sports collectifs, voulaient être ensemble. Nous avons donc eu l’idée de créer un outil de lien et de contact autour de sports collectifs, le football et le basket. Sport dans la Ville est ainsi née en 1998 dans la région Rhône-Alpes.

Mais Sport dans la Ville est bien plus qu’une association sportive ?

Philippe Oddou : Tous les jeunes participent aux activités sportives. C’est la clé d’entrée mais nous proposons également Apprenti’bus, un programme d’apprentissage de la lecture et de l’écriture ; L dans la Ville, pour continuer d’accompagner les filles lorsqu’à l’adolescence le contact est plus difficile à maintenir ; Job dans la Ville, qui favorise l’insertion en entreprise de 600 jeunes âgés de 14 à 22 ans ; ou encore Entrepreneurs dans la Ville, qui soutient actuellement 85 jeunes dans leur création ou leur développement d’entreprise.
Depuis 2013, l’association s’est installée en Ile-de-France (à Saint-Denis, Sarcelles, Drancy et dans le 19ème arrondissement de Paris, des communes où les besoins d’accompagnement vers l’emploi sont immenses). Et notre ambition d’ici 2018 est d’atteindre 50 centres, en s’implantant notamment en région Nord-Pas-de-Calais, près de Lille et en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, autour de Marseille.

 

Comment la question de la citoyenneté est-elle abordée ?

Philippe Oddou : Les jeunes que nous accueillons sont nés en France, ont grandi en France et pourtant souvent ne se sentent pas Français. Parce qu’ils vivent dans des ghettos, n’ont pas de formation professionnelle, pas de travail, et ne peuvent donc pas financer leur logement et leur autonomie. Ils vivent en marge de la société, et peuvent avoir la tentation du repli communautariste. Or nous croyons fondamentalement que pour s’intégrer, ils doivent pouvoir grandir debout. Toutes les expériences qu’ils vivent avec nous les aident à se construire. Nous travaillons sur le respect, l’apprentissage de règles communes, la confiance en soi et la transmission de savoir-être, qui leur permettra d’adopter des comportements en phase avec les besoins d’une entreprise future.
Les quartiers sensibles représentent un vrai enjeu sociétal. Ils regorgent de jeunes pleins de talents et d’envies auxquels il faut pouvoir tendre la main. C’est notre responsabilité de prendre cette situation à bras le corps, pour que ne se reproduisent pas les atrocités que nous avons vécues récemment.

Pour en savoir plus :

www.sportdanslaville.com
 

 

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