Prix 2007 : Ludovic Avenel, ébéniste créateur pour son œuvre : Une paire de commodes « Empreinte »
 
En classe de troisième, quand Ludovic Avenel a dit vouloir opter pour l'ébénisterie, ses professeurs se sont indignés. Mais l'adolescent était obstiné. Aujourd'hui, à 23 ans, il est encore enthousiaste de ses années de formation : « C'est toute ma personnalité qui s'est alors améliorée ».
Voir la distinction 2007
     



Au lycée d'enseignement professionnel, primaient le geste juste, la confiance en soi et l'exigence. « A l'Ecole Boulle, cette dernière a été multipliée par dix ! ». De fait, « quand on met tout en œuvre dans ses mains et sa tête pour donner forme et subtilité à la matière, elle vous le rend ».

Ludovic Avenel comprend aussi qu'un ébéniste est un artisan soucieux des autres. Dans l'œuvre primée, « Empreinte », il fait rivaliser la copie d'une commode de style « art déco » constituée de matériaux rares, comme l'ébène et le galuchat - peau de raie dont on gaine depuis le XVIIIe siècle les objets précieux - avec une interprétation personnelle du meuble.


La forme est identique mais les matériaux très modestes. Carton, aluminium, poudre de cailloux, caoutchouc vont pourtant accéder à la même dimension esthétique que la copie de style.

Aux techniques traditionnelles de l'ébénisterie, à la pratique du détournement, Ludovic Avenel se plaît à ajouter une dimension transculturelle : ainsi, ces tiroirs en acajou et aluminium, conçus d'une seule pièce, selon l'art du pliage japonais, l'origami, ou ces assemblages dont la découpe imite le rythme de la vague.
  Si le jeune ébéniste, au cœur des préoccupations de son temps, transgresse parfois les savoirs et les conventions, c'est parce qu'il cherche à réconcilier dans son travail deux approches qu'il juge complémentaires : celles du design et de la réalisation artisanale. Il souhaite les mener de front afin de faire évoluer sa pratique. Il a tous les atouts pour y parvenir.
Retour à la liste Voir la distinction 2007