Distinction 2006 : Roland Daraspe, orfèvre, pour son oeuvre " Navire à caviar "
 
Roland Daraspe est un des rares orfèvres indépendants travaillant en France.
En 1976, après un CAP de chaudronnier, un brevet de mécanicien aéronautique, quelques années sur les routes et une halte chez un maître verrier, il crée ses premières oeuvres en métal. Des petites pièces, boîtiers divers à glisser dans la poche, aux objets plus importants destinés à la table, à l’éclairage ou au rituel liturgique, le jeune homme qui cherchait sa voie s’est fait orfèvre.


Auto-désignation pour un autodidacte qui n’a eu pour maîtres que son esprit et ses mains. Sans lignage ni appartenance, il a, en inventant ses techniques, retrouvé les modes de fabrication traditionnels. « Cette traversée expérimentale m’a permis d’accéder à la maîtrise technique rapidement, car c’était une nécessité impérative ».
Depuis, le poinçon de garantie à la tête de Minerve, l’achat de ses pièces par les musées ou par le service du Protocole élyséen et enfin, l’accès au titre de Maître d’Art chargé de transmettre son savoir, l’ont adoubé.


Roland Daraspe conçoit et fabrique chacune de ses pièces, chacun de ses outils de buis, de résine et d’acier. Il est seul maître à bord. Comme dans son « Navire à caviar » en argent massif, premier titre. Dans un florilège de haute technique, trois pièces en une nous embarquent sur un océan de fraîcheur que créée l’alliance de l’ébène et du métal blanc. La fluidité nous est restituée par des galbes et des lignes souples que renforce la texture de surface, frémissante comme la vague et jouant sur un effet d’insaisissable lumière. L’arête verticale, les deux hublots rythment imperceptiblement la pièce. On sent la main. On la sent, avec le marteau et le maillet, caresser le métal. C’est une main aimante. « Et quand on aime, on y met son âme ». C’est de ce don que l’objet est fait. C’est de cela qu’il vit.


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