Prix 2006 : Cathy Chotard, bijoutier créateur, pour son oeuvre : un collier, en or 18 carats de 16 grammes
 
Cathy Chotard sait apprivoiser les métaux précieux et nous les rendre intimes.
Au début des années 90, les ateliers de Fontblanche à Nîmes, dans la mouvance de pionniers du bijou contemporain, lui ont permis de faire réémerger, à 42 ans, une fascination d’enfance Son grand-père l’emmenait regarder silencieusement les bijoux grecs et étrusques du Louvre. L’agilité, la créativité qu’elle tenait d’une grand-mère ingénieusement bricoleuse ont fait le reste.  
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Aujourd’hui, dans son atelier ouvert sur le ciel de Montpellier, ce n’est pas sur l’idée d’une bague, d’une broche ou d’un collier que Cathy Chotard travaille mais sur le matériau, l’or ou l’argent : « j’attends qu’il me parle, je le laisse s’exprimer ». Avec ses mains et quelques outils fétiches, petit marteau de sa fabrication, bigorne, laminoir et incontournable flamme, elle se considère comme une médiatrice. « La seule chose qui m’importe, c’est que la pièce existe »..  


Sa connaissance du textile, acquise dans une vie antérieure de plasticienne, lui a permis de concevoir une alliance entre fil et métal. Elle rassemble des myriades de granules martelées, fragiles et uniques, dans de solides compositions. Ce n’est pas la beauté des formes qui l’intéresse mais la façon dont elles sont organisées, structurées.
   
Dans le fond, Cathy Chotard est une bâtisseuse qui construit sur des fulgurances :
« Le collier est né de la vision d’une toile d’araignée traversée par la lumière. De minuscules débris végétaux reposaient sur cette toile, ainsi a surgi l’idée de mettre l’or en suspension ».
L’air circule dans une voie lactée d’ors qui ne semblent tenir que par aimantation.
Le bijou accroche la lumière, la retient plus qu’il ne la diffuse. Rien du scintillement ou de l’ostentation. Nous sommes dans la pure lumière, là où la matière devient immatérielle.


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