Distinction 2005 : Pierre Christel, émailleur, et Dominique Folliot, dinandier, pour la réalisation en collaboration d'un vase boule en cuivre rouge et émail
 
Dans les années 70, après six années d'études d'architecture, et un passage dans le prêt à porter, Pierre Christel trouve sa voie dans l'émail, sur les traces de son père. Timidement d'abord. " Au départ, je détestais ce mode d'expression qui me renvoyait par le biais des objets proposés, une image négative, trop traditionnelle " résume-t-il.

 
Il commence par exécuter une série de répliques miniatures des vieilles façades de la ville de
Limoges, s'enhardit sur des vues du ciel
imaginaires aux allures de patchwork coloré pour
une première exposition baptisée " Ce que voient
les oiseaux ", puis s'attaque aux grands volumes et prend son envol.
 
Explore de nouvelles pistes. Utilise l'émail en épaisseur dans des tamisages grossiers ou au contraire réduits en poudre.
Ce " terroriste de l'émail ", comme il se définit lui-même, remet son ouvrage cent fois sur le métier, broyant, jetant, réinventant, expérimentant, torturant à l'infini ces blocs de cristal pur qui lui résistent, jusqu'à ce qu'ils se positionnent, domptés sur tableaux, boîtes ou bijoux.
 
Ou bien il dessine des formes en cuivre rouge que réalise pour lui son ami le dinandier Dominique Folliot et qu'il émaille de motifs abstraits où il transpose
sa vision de la nature. Ce vase flacon que le dinandier a martelé sans aucune soudure est le résultat d'une rencontre entre deux artistes, deux matériaux et deux savoir-faire.
" Nous avons fait le choix de laisser le cuivre apparent afin que les deux matériaux cohabitent visuellement. Ce travail en commun nous permet aujourd'hui de présenter un émail de Limoges représentatif de son temps ".
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