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Prix 2005 : Bernard Solon, maître artisan taillandier,
pour son " crouet à deux dents " |
Il est un des derniers, sinon le dernier en France à exercer
ce métier de taillandier qui consiste à forger des outils
à taillants tranchants tels que serfouettes, herminettes, fendoirs,
planes, binettes et autres piochons utilisés couramment jusqu'au
milieu du siècle dernier par les agriculteurs, vignerons, pépiniéristes,
horticulteurs et tonneliers de la région de l'Orléanais.
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" Autrefois j'en forgeais
près d'un millier par an mais aujourd'hui que je suis
en semi retraite la moyenne tourne autour de 150 à 200
outils " explique Bernard Solon, 74 ans, sabots aux pieds
et béret vissé sur la tête.
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" Ce n'est pas le
travail qui manque précise-t-il, j'ai des clients dans toute
la France mais comme je suis seul à pouvoir le faire, je n'arrive
pas à satisfaire toutes les commandes ".
C'est dans cet atelier de 60 m² fondé par son arrière
grand-père maternel en 1852, qu'il a appris son métier,
l'honorant depuis toujours du soin, de la précision et de l'amour
du travail bien fait que son grand-père lui a enseigné.
C'est là encore dans ce lieu patiné par les générations
de labeur, où la vigne plantée par l'aïeul se faufile,
ultime métaphore d'un passé toujours vivace, qu'il a
forgé et emmanché ce crouet à deux dents, histoire
de se prouver qu'il n'avait rien perdu de la maîtrise de son
savoir-faire. |
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" C'est
selon moi l'un des plus beaux outils de la terre de notre région,
un des plus difficiles aussi à réaliser, avoue-t-il.
On en faisait jusqu'à 60 exemplaires par an au début
du siècle dernier, mais je n'en avais plus fabriqué
depuis 25 ans ".
Détenteur d'un savoir patrimonial qu'il est aujourd'hui le
seul à connaître, Bernard Solon souhaiterait pouvoir
le transmettre avant qu'il ne soit perdu.
Pour cela notre taillandier propose une dizaine de réformes
sur le statut des artisans d'art
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